Bonne fête de Pâques

C’est en effet la fête la plus importante de l’Église Apostolique arménienne, dans un pays qui fut le premier État à adopter le christianisme comme religion officielle en l’an 301.

Elle est la célébration majeure de l’Église universelle. Cette fête est le symbole du retour à la vie, un jour de joie où l’on célèbre la famille, les ancêtres et le foyer.

Vous pouvez réécouter la très intéressante émission « Chrétiens orientaux » de S. de Courtois sur France-Culture

Vous trouverez sur le site d’AgurArménie des recettes de Pâques et d’autres recettes de cuisine arménienne

Qui se souvient des Arméniens d’Artsakh ? – Article de Sylvain Tesson – Figaro Magazine vendredi 29 Mars 2024

Figaro Magazine – Article de Sylvain Tesson – Photos d’Antoine Agoudjian

La violoncelliste Astrig Siranossian devant le monastère arménien de Tatev, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Azerbaïdjan. COPYRIGHT: ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro

À l’est de la piste du petit aéroport de Kapan, sud de l’Arménie, région du Syunik, les pentes s’élèvent, rapides, vers le ciel sombre. Les montagnes sont tombées sous le contrôle de l’Azerbaïdjan. Les drapeaux azéris ne flottent pas ce soir sur les crêtes parce qu’il pleut. « Quand ils claquent, c’est la torture », dit M. Haroutiounian, sous-préfet de la région. Il y a six mois, en septembre 2023, des troupes azéries, chauffées par trente ans de discours d’État, s’emparaient du Haut-Karabakh (Artsakh pour les Arméniens) et le nettoyaient, selon le terme du président Aliev.

Ce petit plateau fertile, arménien depuis deux millénaires, se trouvait enclavé sur le territoire azéri, au terme d’un siècle de tripatouillage soviétique et de conflits frontaliers récents. Pour la première fois dans l’Histoire, la continuité de la présence des Arméniens sur la terre d’Artsakh était rompue. La continuité est l’affiliation des corps à un sol. « Que peu de temps suffit pour changer quelque chose », écrit le Hugo de la Tristesse d’Olympio. En l’occurrence, il fallut trois jours.

Une civilisation

Depuis deux mille ans, des Arméniens cultivaient la terre de l’Artsakh. Mais l’éternel retour est l’autre nom de l’Histoire et l’actualité, la répétition d’un même récit. L’Arménien bâtit, le cavalier déboule : voilà la vieille rengaine de l’Artsakh. Les morts y reposaient. La vigne se chargeait de la circulation des pensées. Les cloches du monastère de Chouchi battaient la mesure. Cette tresse du paysage, des hommes et du ciel s’appelle une civilisation. Parfois, rideau. Préalablement, de décembre 2022 à septembre 2023, pendant neuf mois, l’Azerbaïdjan avait soumis les 100.000 Arméniens de l’Artsakh à un blocus intégral. Les affameurs avaient cru que les Arméniens quitteraient les lieux, poussés par la famine. C’était sans compter la noblesse d’âme. Aliev n’avait pas prévu cela. Comment aurait-il pu ? Les Arméniens restèrent.

Les Artsakhiotes ont le sentiment de revivre le cauchemar des Arméniens chassés de leurs terres par les Turcs en 1915. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Des centaines de morts

Les Azéris revinrent à leur méthode naturelle : le yatagan, c’est-à-dire l’attaque. Les troupes azéries lancèrent l’attaque surprise le 19 septembre 2023. Cent mille Arméniens arrachés à leurs maisons se ruèrent sur les routes pour fuir « le Turc », comme disent les déracinés dont les visages ressemblent à des sabliers cassés. L’exode sema ses centaines de morts sur la route. La force d’interposition russe ne s’interposa pas. L’Europe, prompte aux indignations, ne réagit pas. Bruxelles est trop occupée à commercer avec Bakou. La capitale du petit dragon prometteur va abriter cet automne la COP29. Qu’est-ce qui leur prenait à ces ploucs de l’Artsakh de perturber la World Company ? En trois jours, les habitants de l’enclave rejoignirent la maison-mère. La prochaine proie des Azéris sera-t-elle l’Arménie souveraine elle-même ? Erevan est-elle prête à défendre son territoire ?

La prochaine proie des Azéris sera-t-elle l’Arménie ? Saura-t-elle se défendre ? Dix mille déplacés de l’Artsakh en doutaient: ils ont poursuivi le chemin de l’exil vers la Russie

Dix mille déplacés de l’Artsakh en doutaient : ils ont poursuivi le chemin de l’exil vers la Russie. Les autres vivent précairement, depuis six mois, distribués dans les villages d’Arménie, dans des familles, relogés dans l’urgence. L’État leur a alloué pendant six mois une subvention d’urgence. Cette année, six mois jour pour jour après l’invasion azérie, nous entrons, la violoncelliste française Astrig Siranossian, le photographe Antoine Agoudjian, Jean-Christophe Buisson et moi-même dans l’appartement d’un quartier soviétique d’Erevan. Evguénia, dont le mari est mort au combat, nous ouvre la porte du deux-pièces de 30 m2, loué avec les 120 euros de l’aide d’État. Sa sœur Suzanna et une amie, Luciné, sont avec elle. Quand un Arménien vous reçoit à sa table, il part du principe que vous n’avez rien avalé depuis six jours.

La table croule sous les crêpes aux herbes, témoignage de la profusion perdue. Astrig a apporté de France une bouteille d’Agos (le sillon), un vin rouge produit par sa mère Marie, sur les coteaux d’Areni. Le chagrin arménien sait nager dans le vin. Il y a aussi la mère d’Evguénia, statue muette, sur le canapé. L’Histoire est passée devant ses yeux. Antoine Agoudjian connaît ces regards arrêtés. Il les photographie depuis 2016, à la frontière ou sur la ligne de front. Dans la petite salle commune, le fils d’Evguénia, Never (qui signifie cadeau), 14 ans, se met au violoncelle. Astrig Siranossian l’accompagne sur son instrument dont elle fera tout à l’heure justement cadeau à l’adolescent. « Les kakis étaient mûrs, le Turc est arrivé. On a sauté dans une voiture, raconte Evguénia. Avec le violoncelle ».

Never (14 ans) n’a pas voulu quitter Stepanakert sans son violoncelle lors de l’exode en septembre dernier. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Comment ne pas confronter les visions ?

Dans la pièce s’élève en duo l’une de ces mélodies paysannes recueillies par le compositeur Komitas avant que le vent turc emporte la mémoire. Je sais que le choc des civilisations est une lecture simplificatrice de l’Histoire. Mais comment ne pas confronter les visions ? D’un côté, les selfies d’Aliev à Stepanakert, serré dans son costume de satrape oligarchique. De l’autre, une voiture de l’exode, avec un violoncelle sur le toit. Non loin, nous poussons la porte du SPFA (Solidarité protestante France-Arménie), structure accueillant des jeunes femmes francophones. Une quinzaine d’entre elles, enfuies de leur pays perdu, racontent les événements de septembre.

On demande à Kristina ce qui lui manque le plus de sa vie en allée. On s’attend à ce qu’elle évoque le confort de sa maison. Elle dit: « Nos tombes »

es frères, les pères, les fiancés de ces filles sont morts au combat en 1994, 2016, 2020, 2023. Pendant la guerre des 44 jours, en 2020, beaucoup d’hommes tombés au combat n’avaient pas 21 ans. On demande à Kristina – yeux de charbons, pupilles en feu – ce qui lui manque le plus de sa vie en allée. On s’attend à ce qu’elle évoque le confort de sa maison. Elle dit : « Nos tombes ». Puis quitte la pièce, étranglée d’émotion. Plus tard, Nona, voyageuse sans bagage nous dira : « Je ne veux pas que mon fils enterré reste sous les pieds de ces gens. » Ainsi en va-t-il des réfugiés de l’Artsakh. Ils ne désirent pas vivre mieux ailleurs. Ils veulent rentrer mourir chez eux. C’est une spécificité notable chez ces exilés-là.

Les étudiantes artsakhiotes francophones se retrouvent à Erevan, dans le club de lecture de la SPFA. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Le Syunik sous la menace

Nous roulons vers le Syunik, région de l’Arménie australe dont les Turcs voudraient faire le couloir de communication entre la région anatolienne et la profondeur caspienne. Le Syunik est la dernière pièce manquante à Erdogan pour reconstituer son grand puzzle turco-steppique. Dans les montagnes centrales, un camion géorgien a dérapé au sommet du col de la route de Goris, à 2 400 mètres, encastrant son hayon dans les congères. La neige tombe, la route est bloquée. On attend le bulldozer, dépêché d’un village. Il est une heure du matin. Les rafales couchent la neige dans le faisceau des phares. Astrig lit Calligrammes à la lampe frontale.

La poésie, c’est quand le verbe vient à la rescousse du présent. Parfois elle s’y superpose. Apollinaire parle de l’Arménie, sans le savoir, cent neuf ans auparavant : « Le Christ n’est donc venu qu’en vain parmi les hommes ? » Mais il ajoute, plus loin : « C’est pourquoi faut au moins penser à la beauté. » Astrig y pense sans cesse. Elle croit même que la beauté conjure le tragique. Elle ne se sépare pas de son recueil de partitions et fredonne des mesures continuellement, comme si elle lisait la musique dans les portées de la vie, du paysage et des visages, à tout instant.

Lamento

Elle a fondé en 2019 l’association Spidak-Sevane offrant concerts, répétitions et leçons de musique aux jeunes réfugiés. En arrivant à Erevan, il y a deux jours, nous étions allés à Bardak (bordel, en russe), à la fois studio de musique et salle de concert aménagé au premier étage d’un bar. À la nuit tombée, de jeunes réfugiés soutenus par l’association transmuent le chagrin en lamento ou bien ravalent leurs larmes dans les chants de leur vieille jeunesse d’enfants graves. Astrig au violoncelle les entraîne dans un bœuf mi-rock, mi-trad. Ce sont des mélopées steppiques, des électrocutions jazzy, des incantations de décombres ou des prières aux amours mortes. L’un des musiciens sort le duduk, flûte traditionnelle arménienne et arme de dépression massive qui expulse les sanglots repris de l’archet par Astrig.

Nous rencontrons 15 des 184 réfugiés installés à Shinuhayr: destin de déracinés, têtes de déterrés, fronts d’humiliés. Les damnés de la terre, au moins, eux, ont une terre

Il est poignant de la voir, elle, enfant prodige de la France, enfant prodigue de l’Arménie, elle, la musicienne ultra-classe des philharmonies européennes, improviser des sessions musicales avec des jeunes déracinés. Jusqu’à minuit, opération d’expulsion du chagrin et de la pitié à la groovebox et à la corde. Sur la route, la tempête se calme, la caravane passe, le jour revient, nous atteignons le monastère de Tatev. Un téléphérique de cinq kilomètres nous entraîne au sommet du promontoire. L’installation a été financée par le milliardaire Ruben Vardanyan, mécène que les Azéris détiennent en otage avec sept autres personnalités politiques de l’Artsakh (il en a été le ministre d’État, c’est-à-dire le premier ministre, durant le blocus).

Dans l’entrée de la maison communale de Shinuhayr sont affichées les photos des enfants du village tombés sous les balles azerbaïdjanaises depuis 1992. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Astrig s’assied au violoncelle devant le clocher dans un brouillard épais, sulfurique. Elle a revêtu une robe pâle. En 1989, à Berlin, Rostropovitch chantait la liesse au pied d’un mur qui s’effondrait dans les fleurs. Trente-cinq ans plus tard, Astrig donne les mesures d’une thrène « lugubre et fantomatique », comme écrit Beethoven en didascalie d’une sonate. Seule consolation dans cette scène : Tatev a résisté à toutes les invasions, les séismes et les guerres. Il dresse ses croix au-dessus de la rivière Vorotan depuis le Xe siècle. Mais qu’importe ces dates dans un monde où les institutions politiques de l’Europe ne croient plus à la légitimité du Temps ? La musique d’Astrig a transformé le téléphérique en symbole de l’espoir arménien. Suspendues à un fil, les cabines, parfois, percent la couche.

Tous les soirs, des réfugiés d’Artsakh se retrouvent au Bardak, à Erevan, pour chanter leur nostalgie du pays perdu. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Le retour, mais quand ?

Plus tard, dans le village de Shinuhayr, à quelques kilomètres de la frontière azérie, le maire Samuel Lalayan nous invite à rencontrer 15 des 184 réfugiés installés dans son village : destin de déracinés, têtes de déterrés, fronts d’humiliés. Les damnés de la terre, au moins, eux, ont une terre. Le maire nous raconte le chaos de l’arrivée des familles expulsées de leurs champs sans avoir même le temps de comprendre que tout était fini. « Nous étions certains de revenir très vite quand nous avons barricadé nos maisons », dit Hayk. L’intégration de ces réfugiés s’est faite naturellement : l’Arménie accueillait ses frères de la montagne. Agoudjian se souvient de l’exode de septembre 2023 et de la manière dont Erevan avait efficacement mené sa politique d’accueil. « En 1990, nous nous entraînions, mais aujourd’hui, nous avons cédé sous le nombre », dit le vieux Edik courbant sa tête aux cheveux ras.

La Commission européenne veut bien pleurer (un peu) avec Erevan mais continue de commercer (beaucoup) avec Bakou. Sans convenir que signer le contrat avec l’un, c’est signer la mort de l’autre

Quand on demande aux hommes ce que l’avenir signifie pour eux, ils répondent : « Le retour, le retour et seulement le retour. Comment imaginer l’exil alors que nos fils sont enterrés là-haut ? ». Et quand on demande aux femmes de nous chanter une chanson, Nona répond : « Le chant c’est la joie, impossible pour nous. » Sa voisine : « On préfère qu’Astrig joue du violoncelle. » Et une fois encore, l’archet vient au secours. Les Artsakhiotes ne varieront pas. Seul, pour eux, compte le retour. Malheureusement, commence à s’élever une voix dans le pays. Elle ressemble à l’esprit du temps mondial. Six mois après l’amputation de l’Artsakh, une partie de la population arménienne se dégrise de ses élans fraternels. On voudrait oublier cette histoire : on a sacrifié l’enclave, tout devrait s’arranger. « L’État ne distingue plus le statut des déplacés et celui des citoyens de l’Arménie », martèle le sous-préfet de Kapan.

Il ajoute, sanglé dans son costume trois pièces : « L’Arménie est au carrefour des anciennes routes de la soie, elle peut devenir un centre de la paix ! » Traduction : ravalons nos larmes mes frères, business must go on ! Que de promesses pour les entrepreneurs heureux ! Déjà, à Erevan, la veille, le président de la République Vahagn Khatchatourian nous servait la même sotériologie libérale parlant de « carrefour des échanges » avec ruissellement de prospérité pour tous, appelant de ses vœux la reprise du commerce avec la Turquie et nommant « concurrents » ceux-là mêmes qui appellent à l’extermination totale de toute présence arménienne sur la Terre. Il est certes facile, depuis Paris, de désirer romantiquement que les Arméniens continuent le combat sur la brèche. Comment en vouloir à un gouvernement de se lancer dans une politique de développement économique ? Mais avouons que ces cœurs actifs, persuadés du primat de l’économique sur le politique, ressemblent au mouton qui désire négocier avec le couteau.

Samvel Shahramanian, dernier président d’Artsakh. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Prince abandonné

En Europe, le même double discours parachève la tragédie arménienne. La Commission européenne veut bien pleurer (un peu) avec Erevan mais continue de commercer (beaucoup) avec Bakou. Sans convenir que signer le contrat avec l’un, c’est signer la mort de l’autre. Sans avouer que la croissance (séductrice) masque le croissant (conquérant). Tout accommodement avec la partie engagée dans l’extermination contredit pourtant l’amitié. On ne peut pas être en même temps au monastère de Tatev et à la Chambre de commerce de Bakou. Il faut choisir. Ce qui n’est pas un mode opératoire moderne.

Le retour est irréaliste. L’hostilité est totale entre nos deux peuples, il faut renforcer la frontière de l’Arménie souveraine, car les Azéris continueront

Samvel Chakhramanian, président du gouvernement en exil de l’Artsakh

À Erevan, un homme tient un discours lucide, grave, ferme. Il n’a pas le choix. Samvel Chakhramanian, président du gouvernement en exil de l’Artsakh (lire notre interview), occupe un bureau vide dans une petite maison de la capitale, construite dans cette pierre de tuf qui donne sa couleur bistre à toute la ville. La bâtisse de l’époque soviétique abritait l’administration de l’Artsakh avant l’invasion de 2023. Aujourd’hui, le président erre dans le couloir en prince abandonné, assurant l’intérim, c’est-à-dire la dormition. La hampe de bois qui soutient le drapeau de l’Artsakh est brisée. Samvel Chakhramanian ne barguine pas. D’une voix sourde : « Le retour est irréaliste. L’hostilité est totale entre nos deux peuples, il faut renforcer la frontière de l’Arménie souveraine, car les Azéris continueront. »

Pendant quarante ans la politique d’Erevan, trop confiante, préoccupée des seuls impératifs de l’économie, a fait baisser la garde. Les territoires, reconquis sur l’Azerbaïdjan en 1994 furent les lauriers sur lesquels le pays s’endormit. De l’autre côté de la frontière, l’Azerbaïdjan mettait à profit les deux dernières décennies pour réécrire le génocide de 1915, et préparer l’assaut. Nier le passé, venger l’avenir : politique d’Aliev. Samvel, président d’une tour défaite, plus malheureux que le malheur, sait que l’avenir passe par le renforcement de l’armée. Il faut tenir ses lignes, armer les positions, se préparer, prévenir l’attaque. Consolider la défense, en somme. Dans ce monde, les affaires ne suffisent pas. Qui l’écoutera ?

«Que faire ?»

Gabriel Attal, au dîner du Conseil de coordination des institutions arméniennes de France, le 20 mars, à Paris, tenait cette même ligne, martiale et réaliste, répétant que la France ne dérogerait pas à sa mission de soutien à l’Arménie et poursuivrait l’effort au plan militaire. Mais que croire des pétitions d’intention de ces jeunes hommes brillants ? Dès qu’un dirigeant français dit « Plus jamais ça », un Turc se dit au même moment « Recommençons » et un Arménien pense « Ils vont revenir ».

Dès qu’un dirigeant français dit « Plus jamais ça », un Turc se dit au même moment « Recommençons » et un Arménien pense « Ils vont revenir »

À Erevan, dans le cimetière d’Erablur, en pleine nuit, quelques heures avant le retour à Paris, sous une pluie battante, Astrig Siranossian et Antoine Agoudjian visitent les morts de la guerre de 2020. Sur les versants dévalent les tombes frappées du nom des jeunes conscrits, morts sur le front. En bas, bruisse la capitale éclairée. Les tombes ruisselantes atteindront-elles un jour le pied de la colline ? « Il faut rejoindre la marche du temps », pensent les marchands du centre des affaires. « Le temps, c’est nous », disent les stèles. Hovhannès Guévorkian, représentant de l’Artsakh en France depuis 2003 nous guide dans les travées. Il se confie : « Pourquoi sont-ils morts et que faire » ?

Ne pas insulter leur sacrifice en négligeant l’urgence défensive.
La continuité historique, c’est la frontière géographique.
Sylvain Tesson

Le cimetière d’Erablur, à Erevan, ouvert jour et nuit. ANTOINE AGOUDJIAN pour Le Figaro Magazine

Cérémonie Nationale de Commémoration du Génocide des Arméniens à Biarritz – Mercredi 24 Avril 2024 à 11h

La cérémonie aura lieu le mercredi 24 avril 2024 à 11h devant la Stèle de la Mémoire future au Monument aux Morts de Biarritz, Esplanade des Anciens Combattants de Biarritz,
en présence de Monsieur Fabrice Rosay, sous-Préfet de Bayonne , de Madame Maïder Arosteguy, Maire de Biarritz , les officiels et tous les Amis de l’Arménie.

Ce 109ème anniversaire du début programmé de la substitution d’un peuple par un autre est la marque temporelle à jamais indélébile d’un génocide qui a réussi !

Le peuple arménien autochtone, artisan d’une culture incomparable, précurseur de la religion chrétienne a disparu de sa terre originelle en Asie Mineure.
On le retrouve disséminé en particulier en France et ici, au Pays Basque, région sœur de l’Arménie.

Cette journée nationale illustre la grande fraternité qui unit depuis toujours nos deux cultures.

Venez nombreux et diffusez l’invitation

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Quelle époque – Émission de Léa Salamé – 9 mars 2024 – Invité Patrick Fiori

Ce samedi 9 mars, Léa Salamé et Christophe Dechavanne ont reçu Patrick Fiori sur le plateau de Quelle époque ! Les deux journalistes ont été témoins d’un beau moment de télévision.
Voir la vidéo (extrait)

  • Léa Salamé, journaliste, a été émue aux larmes par la surprise de Patrick Fiori, qui a chanté l’hymne arménien « Mer Hayreníq » lors de l’émission « Quelle époque ! » le 9 mars.
  •  Patrick Fiori, de son vrai nom Patrick Chouchayan, a préparé cette surprise pour Léa Salamé pour marquer la sortie de son nouvel album « Le chant est libre », soulignant leurs racines arméniennes communes.
  • Né de parents d’origines corse et arménienne, Patrick Fiori a évoqué les récits de sa famille au sujet du génocide arménien.
  • L’interprète de 4 mots sur un piano a alors partagé son émotion et sa fierté« Ce que j’ai ressenti, c’est surtout les histoires de ma famille, de la maison oubliée du côté du Haut-Karabakh qui aujourd’hui appartient aux Azéris. Des Turcs qui sont entrés dans ce village », a-t-il relaté. « J’ai revu tout ce que mon père m’a raconté sans jamais de haine, sans jamais pointer l’autre ». Le chanteur a révélé que les Turcs étaient entrés dans le village où reposent ses arrière-grands-parents, empêchant ainsi sa famille de s’y rendre. « Je ne peux plus emmener ma famille. Je voulais les amener là-bas, mais je ne pourrai plus jamais« , a-t-il insisté. Il a raconté un moment fatidique dans l’histoire de sa famille : « Les Chouchayan étaient en train de prier, et les soldats ont oublié une maison. » Il a conclu en affirmant : « Je suis un enfant rescapé ».

Rediffusion sur Antene2 jusqu’au 31/08/2024