Les Beaux Jours de Belloc est un festival unique, niché dans le cadre enchanteur de l’Abbaye de Belloc entre Pays-Basque et Béarn. Ce site d’exception ouvre ses portes du 7 au 11 juillet 2026 pour des stages de danse, chant et txalaparta ouverts à toutes et tous. II devient le théâtre d’événements artistiques vibrants et conviviaux où l’art, le patrimoine Basque et la science prennent vie. Pendant cinq jours, Habitat et Humanisme, en collaboration avec la Compagnie Hallet Eghayan / Artistes Associés vous invitent à participer à une expérience singulière.
Cette cinquième édition est placée sous le signe de la solidarité et du partage. Sans la solidarité, sans le partage, sans l’art, nous ne sommes qu’un archipel d’individus isolés. Avec, nous redevenons un peuple capable de bâtir des chemins à partager.
ET SI, COMME LE DIT LE POÈTE BÉNIAT ACHIARY, « À L’AUTOMNE LE PAYS BASQUE EST UN FABULEUX PASSAGE D’OISEAUX », EN ÉTÉ, BELLOC EST UN FABULEUX PASSAGE D’ARTISTES…
ETA BEÑAT ACHIARY OLERKARIAK ERRATEN DUEN BEZALA » LARRAZKENEAN EUSKAL HERRIA HEGAZTIEN PASABIDEA LILURAGARRIA DA « , UDAN BELOK ARTISTEN PASABIDE LILURAGARRIA BALITZ…
À l’occasion de la commémoration du 111ᵉ anniversaire du Génocide des Arméniens, une cérémonie particulièrement émouvante s’est déroulée à Biarritz autour de la Stèle de la Mémoire future, à l’esplanade des Anciens Combattants.
D’avril 1915 à juillet 1916, un million et demi d’Arméniens sont victimes du premier génocide du XXème siècle. En ce 24 avril, la France se souvient.
Présidée par le sous-préfet de Bayonne, Monsieur Mathieu Duhamel, en présence des autorités civiles et militaires, une cérémonie de commémoration a été organisée à Biarritz. Un moment de recueillement et de solennité dédié à la mémoire des victimes.
Cette journée de commémoration est également l’occasion d’exprimer notre reconnaissance de tous ces enfants d’Arménie, devenus fils et filles de France (Cr Préfecture des Pyrénées Atlantiques)
Voir l’allocution du Président de AgurArménie : cliquer ici Lire son allocution et/ou télécharger : cliquer ici
Voir l’allocution de Monsieur le sous-Préfet : cliquer ici
L’Association culturelle France-Arménie du Pays Basque, AgurArménie, a l’honneur de vous inviter à la Cérémonie de Commémoration du 111e anniversaire du Génocide des Arméniens perpétré par l’Empire Ottoman Devant la Stèle de la Mémoire future, au Monument aux Morts, Esplanade des Anciens Combattants de Biarritz La Commémoration se déroulera dans le contexte de la Journée Nationale du Génocide des Arméniens
Réalisatrice et protagoniste du film documentaire SEULS, Gaëlle Hamalian-Testud a fait des photographies tout au long du repérage et du tournage en Arménie. La série ne réunit pas seulement des clichés de plateau, mais surtout des images hors champ, illustrant des rêves et des réalités d’un enfant dans le quotidien d’un pays sans cesse menacé par la guerre. Issues de cette série, d’autres photographies seront exposées à la même période au cinéma Le Select de Saint-Jean de Luz.
Pitch du film : Une photographe française part sur la trace de son aïeul placé dans un orphelinat arménien lors de la Grande Catastrophe de 1915. Sa quête est bouleversée par sa rencontre avec Artur, enfant livré à lui-même, qui doit délaisser ses rêves pour devenir soldat, dans un pays où plane l’ombre de la guerre.
L’Association culturelle France-Arménie du Pays Basque, AgurArménie, a l’honneur de vous inviter à la Cérémonie de Commémoration du 111e anniversaire du Génocide des Arméniens perpétré par l’Empire Ottoman Devant la Stèle de la Mémoire future, au Monument aux Morts, Esplanade des Anciens Combattants de Biarritz
La Commémoration se déroulera dans le contexte de la Journée Nationale du Génocide des Arméniens, en présence de Monsieur le Sous-Préfet Mathieu Duhamel, de Monsieur le Maire de Biarritz Serge Blanco, de Monsieur le Sénateur Max Brisson, de Monsieur le Député Peio Dufau, des différentes personnalités locales et représentatives des Cultes, les Porte-drapeaux et toutes les Consciences Amies sensibles à notre lourd devoir de mémoire.
Votre présence est précieuse, ainsi que celle de vos amis qui souhaitent ainsi manifester leur amitié et leur solidarité envers la cause arménienne
Venez en avance. Parking Sainte Eugénie Biarritz (plan ci-dessous)
Cette journée commémorative sera exceptionnellement prolongée par la projection du film « S.E.U.L.S » au cinéma Le Sélect de Saint Jean de Luz à 20:30 en présence des deux coréalisateurs. La billetterie est ouverte : https://www.cineluz.fr/film/635040/
Pourquoi le « 24 AVRIL » ?
24 avril 1915 Profitant du chaos de la 1ère Guerre mondiale, un plan dûment ourdi par le triumvirat du gouvernement «Jeunes Turcs», Talaat (ministre de l’Intérieur), Enver (ministre de la Guerre) et Djemal (ministre de la Marine), entraîna l’élimination, dans la nuit du 24 avril 1915, de 600 intellectuels d’Istanbul, puis l’assassinat des hommes par petits groupes, séparés de leur famille, et enfin la déportation et le massacre programmés des populations composées de femmes, d’enfants et de vieillards. C’est ainsi que disparurent dans la phase ultime du génocide, 1 500 000 Arméniens, 300 000 Grecs Pontiques, 250 000 Assyro-Chaldéens et 100 000 Syriaques chrétiens. Après ces différentes phases de l’élimination, la population chrétienne de 30 % dans les années 1915, est passée à moins de 0,01 % dans la Turquie actuelle !
Après avoir invité Frédéric Pons pour la conférence L’Arménie va t elle disparaitre ?Un conflit oublié et Elise Boghossian pour L’Arménie finira-t-elle rayée des cartes ?, c’est au tour du général Jean-Bernard Pinatel d’aborder la question de la géopolitique arménienne. Ce spécialiste des enjeux géostratégiques, notamment dans la région du Caucase, reviendra sur la situation actuelle de l’Arménie au regard d’une conjugaison de contextes locaux qui évoluent au quotidien. Il abordera : les conséquences pour l’Arménie des derniers conflits territoriaux, les moyens et forces en présence, les alliances, les risques, les espoirs…
En partenariat avec AgurArménie Association Culturelle France Arménie du Pays basque
Il y a 106 ans, la population arménienne de la ville de Chouchi et de sa région était en grande partie exterminée, les survivants condamnés à l’exil. Environ 20 000 Arméniens furent tués et les quartiers arméniens furent entièrement détruits.
Selon Richard Hovannisian, « les troupes azerbaïdjanaises, rejointes par les habitants azerbaïdjanais de la ville, ont transformé la Chouchi arménienne en un brasier. «
Du 22 au 26 mars, quelque 2 000 bâtiments ont été consumées par les flammes, dont les églises, les institutions culturelles, les écoles, les bibliothèques, le quartier des affaires et les grandes demeures de la classe marchande.
L’évêque Vahan (Ter-Grigorian), longtemps partisan d’un accommodement avec les autorités azerbaïdjanaises, a payé le prix de la vengeance, sa langue ayant été arrachée avant que sa tête ne soit coupée et exhibée dans les rues au bout d’une pique. Le chef de la police, Avetis Ter-Ghukasian, a été transformé en torche humaine.
Selon la description du communiste azerbaïdjanais Odzhakhkuli Musayev, « une destruction impitoyable de femmes, d’enfants, de vieilles femmes et de vieillards sans défense a commencé. Les Arméniens ont été exposés à un massacre de masse… Et quelles belles filles arméniennes ont été violées puis abattues… »
Sur ordre de Khosrov-bek Sultanov, les pogroms se sont poursuivis pendant plus de six jours, les maisons de la partie arménienne ont été détruites, pillées et réduites en cendres, chacun emmenant les femmes, quand il le souhaitait, vers des bourreaux musavates. Au cours de ces massacres, Khosrov-bek Sultanov, tenant des discours haineux et violents, a parlé aux musulmans de guerre sainte (Jihad) en les a appelant à achever les Arméniens de la ville de Chouchi, sans épargner les femmes et les enfants.
Malgré leurs différences apparentes, les langues basque et arménienne partagent de nombreux mots et des éléments grammaticaux. Ces similitudes linguistiques, mais aussi toponymiques, ont été rapportées par plusieurs scientifiques dont le linguiste hispaniste arménien Vahan Sargsyan, qui après d’autres chercheurs (au XXe), a identifié près de 600 mots ayant la même signification (fin XXe, début XXIe), et publié un dictionnaire et une grammaire arméno-basques. Ces mots similaires sont notamment liés à l’agriculture ou la métallurgie, il semblerait aussi que ces mots partagés soient parfois anciens ou relevant de dialectes et peu reconnus par les locuteurs actuels.
Cette théorie basco-arménienne (ou encore basco-caucasienne) reste controversée, beaucoup de Basques défendant l’idée d’une origine ethnolinguistique isolée.. Sans preuves définitives, elle reste une énigme, alimentée peut-être par des coïncidences linguistiques et des recherches inachevées…
Ian Manook vient présenter Débâcle, son dernier roman. Le récit de cette quête haletante se déroule en plein cœur de la taïga de la Sibérie orientale. Les descriptions, précises et évocatrices permettent de s’y transporter. Quant aux personnages, ils luttent et survivent parfois ! Suspense garanti. La nature et ses paysages vibrants de beauté s’avèrent le thème central de tous les livres de cet écrivain voyageur qui parcourt le monde avec une nette préférence pour ses coins les plus difficiles et reculés fort éloignés du tourisme de masse ! De nombreux prix (Polar SNCF, Elle Polar, Quais du polar….) ont couronné sa trilogie de « thrillers mongols » : Yeruldelgger, Les temps sauvages et La mort nomade (Albin Michel), traduits dans près de 10 langues. Avec la journaliste Stéphanie Leclair De Marco.
Henri Verneuil compte parmi les cinéastes français les plus populaires du XXe siècle. Dans les années 1990, au crépuscule de sa carrière, il retourne dans la cité phocéenne pour rendre hommage à sa ville de cœur avec ses deux derniers films, Mayrig et 588, rue Paradis. Deux odes au Marseille qui accueillit sa famille depuis sa fuite d’Arménie dans les années 1920. Tandis que ses parents s’efforcent de s’intégrer, le jeune Achod Malakian préfère s’évader dans les salles obscures. Même à Hollywood, il n’oublie jamais Marseille.
Le 19 septembre 2023, l’enfer s’abat sur Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh. Au prétexte d’une « opération antiterroriste », l’Azerbaïdjan envahit cette enclave peuplée d’Arméniens qui échappait à son contrôle.
Ses troupes balayent tout sur leur passage. Après plus de 30 ans de guerre, le drapeau azéri flotte sur l’ancien parlement de Stepanakert, la capitale arménienne du Karabagh. La tempête a tout emporté. En quarante-huit heures, ils sont plus de 100 000 Arméniens du Karabagh, dont des milliers d’enfants, à fuir leurs maisons, une migration massive et douloureuse vers l’Arménie. C’est par la route de l’Ararat, sous le regard étonné des cigognes qui, chaque année, reviennent nicher en Arménie, que sont passés des milliers de réfugiés fuyant le Karabagh en feu. Pour les Arméniens, les cigognes sont un emblème de fidélité et d’amour à une terre. Toujours, elles reviennent aux mêmes nids et avec le même partenaire, une triste mais forte allégorie pour les milliers de réfugiés du Karabagh.
Une communauté déracinée, chassée de ses terres ancestrales, qui peine à trouver place et tourner la page de cet épisode traumatisant. Bien sûr, l’accueil des réfugiés du Karabagh en Arménie a essayé d’être à la hauteur du drame, mais passés les premiers mois, la fraternité s’est dissipée. Deux ans après leur exode, beaucoup de réfugiés du Haut-Karabakh se vivent comme des “parias” en Arménie. Beaucoup rêvent en secret de trouver des ailes pour pouvoir, comme les cigognes, s’en retourner au nid, à la maison.
Depuis plus de trente ans, Frédéric Tonolli filme et partage la vie et l’histoire de ces femmes et de ces hommes. En mêlant archives du passé et images contemporaines, ce reportage raconte l’histoire de leur exil et l’histoire de cette dernière migration.
La réalisatrice Tamara Stepanyanplonge dans l’histoire de son pays natal et questionne son futur, incertain dans un contexte de guerre territoriale.
« Peut-on sauver les morts ? », questionne pour son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice Tamara Stepanyan qui nous mène parmi les ruines et les fantômes de sa terre natale : l’Arménie, qu’on appelle aussi ici « Le Pays d’Arto », titre du film à découvriren salles le 31 janvier 2025.
Nous sommes en 2021, quelques mois après la défaite de l’Arménie dans la guerre sanglante qui l’opposait à l’Azerbaïdjan, en novembre 2020. Française, Céline se rend pour la première fois en Arménie, pays d’origine de son mari, Arto, qui s’est récemment suicidé. Dans le méandre administratif d’un pays traversé par la guerre depuis la chute de l’URSS, elle cherche le certificat de naissance de son mari. Très vite, on lui indique qu’Arto n’a jamais existé, ou du moins pas sous ce nom-là. Céline, impeccablement incarnée par Camille Cottin, s’aventure alors sur des chemins sinueux, marqués par la guerre – celle du passé, celle d’aujourd’hui –, à la recherche de fantômes, jusqu’au Haut-Karabakh, où se concentre le conflit.
Tamara Stepanyan est arménienne. À l’âge de 10 ans, la guerre éclate au Haut-Karabakh. Elle quitte le pays deux ans après avec ses parents. Après avoir étudié au Liban, elle vit aujourd’hui en France. La réalisatrice produit des documentaires depuis plus de dix ans. Elle a filmé déjà l’Arménie à quatre reprises dans ses précédents films, parmi lesquels Mes fantômes arméniens, paru cette année. « J’ai grandi avec des histoires de guerre, celles de ma grand-mère notamment, qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui me disait : il y a des choses de la guerre qu’on ne peut pas raconter », nous confie la réalisatrice.
Première fiction, Le Pays d’Arto lui permet de dévoiler son récit d’un pays qui continue de lutter, et avec lui, sa propre galerie de personnages. Il y a Arto qui a dû fuir, la guerre devenant insupportable. Il y a Arsiné, la jeune Arménienne qui lutte de tout son corps, lucide. Il y a Céline, la Française qui sait si peu. « Je pense que je suis plutôt celle qui est partie, comme Arto, mais au fond de moi, j’aurais aimé rester me battre comme Arsiné« , raconte, émue, Tamara Stepanyan. « J’ai grandi avec ce désir de revenir me battre pour mon pays. Aujourd’hui, je crois que je combats par les films. »
Le Haut-Karabakh, terre de déchirements
Le Pays d’Arto se présente comme une lettre d’amour aux Arméniens, mais aussi à une terre : le Haut-Karabakh. Un territoire devenu le symbole d’une résistance à la fois politique et culturelle. Majoritairement peuplée d’Arméniens, il reste pourtant rattaché administrativement à l’Azerbaïdjan. Il a proclamé son indépendance en 1991, dans le sillage de la chute de l’URSS. L’Azerbaïdjan, qui n’a jamais reconnu cette autonomie, a tenté de la reprendre par les armes dans un conflit qui a fait des centaines de morts. Après avoir reconquis une partie de l’enclave à l’automne 2020, les forces azerbaïdjanaises ont entièrement repris le contrôle de la région lors d’une offensive éclair en septembre 2023. Une opération qui a provoqué la fuite de plus de 100 000 Arméniens.
La patte documentaire de Tamara Stepanyan se lit dans les longs plans contemplatifs sur les paysages montagneux qui défilent derrière Camille Cottin, tantôt verdoyants, tantôt désertiques et arides, dans les montagnes du Haut-Karabakh. Mais aussi dans les silences éloquents, les scènes de vie quotidienne, le sens du détail. Le spectateur, s’il est moins averti que la cinéaste sur l’Arménie et son histoire, marchera dans les pas de Céline, à la découverte d’un récit de guerre encore peu connu en France. Le Pays d’Arto oscille entre récit historique et fable presque mythique, entre le personnel et le politique, et surtout entre l’intime et le pédagogique.
Réalisation : Tamara Stepanyan Distribution : Camille Cottin, Zar Amir Ebrahimi, Shant Hovhannisyan Synopsis : Céline arrive pour la première fois en Arménie afin de régulariser la mort d’Arto, son mari. Elle découvre qu’il lui a menti, qu’il a fait la guerre, usurpé son identité, et que ses anciens amis le tiennent pour un déserteur. Commence pour elle un nouveau voyage, à la rencontre du passé d’Arto : invalides des combats de 2020, vétérans de guerre, hantises d’une guerre qui n’en finit jamais. Une femme court après un fantôme. Comment faire pour l’enterrer ? Peut-on sauver les morts ?
Dans les années 1960, les bâtiments modernistes métamorphosent l’apparence de l’Arménie soviétique. En 1961, Youri Gagarine devient le premier homme à s’envoler dans l’espace. La fièvre de la conquête spatiale s’empare alors des architectes partout en URSS, et notamment en Arménie. Sa capitale, Erevan, jadis une petite ville provinciale, devient un champ d’expérimentation où poussent aéroports, gares et salles de concert particulièrement modernes. Certaines constructions ressemblent même à des vaisseaux spatiaux échoués aux confins du monde.
Débutant à l’été 2020, ce documentaire suit un jeune garçon et sa famille dans le Haut-Karabakh, à l’heure où l’Azerbaïdjan s’apprête à lancer une offensive sur l’enclave séparatiste arménienne. La guerre à hauteur d’enfant dans une chronique quotidienne d’une remarquable sensibilité.
Vrej, 11 ans, vit avec les siens, au milieu des canards et des abeilles, dans un village de cent cinquante habitants “où la guerre peut éclater à tout moment”. Car Tsaghkashen est situé dans la république autoproclamée de l’Artsakh, ou Haut-Karabakh, une enclave montagneuse majoritairement peuplée d’Arméniens, que se disputent Erevan et Bakou depuis des décennies. En septembre 2020, la menace redevient réalité lorsque l’armée azérie lance une offensive sur la région. Vrej et sa famille fuient en Arménie, d’où leur parviennent les nouvelles catastrophiques du front : au terme des combats, l’Azerbaïdjan contrôle plus de 70 % du territoire. Quelques mois après la signature du cessez-le-feu sous l’égide de Moscou, le père du garçon, qui a pris part aux affrontements, vient enfin les chercher. Vrej retrouve son village, où les chars russes stationnent entre les bâtiments endommagés, tandis que les portraits des morts s’affichent dans le hall de son école. Peu après, garçons et filles sont envoyés en camp militaire, où les premiers vont apprendre à manier des armes. Mais Vrej, qui s’était construit un fusil en bois, n’a plus envie de jouer à la guerre…
Paradis perdu “S’il le faut, je me battrai. Comment faire autrement ?” Viscéralement attaché à la terre de ses ancêtres, ce petit bonhomme aux grands yeux curieux, qui rêve d’ouvrir un cabinet de dentiste à Tsaghkashen, prend conscience, au fil de ce récit d’apprentissage déchirant, du poids de son destin. Sa génération, comme les précédentes, devra-t-elle verser son sang pour défendre les dernières miettes de l’Artsakh, ou se résoudra-t-elle à quitter son paradis, déjà en partie perdu ? De promenades à travers champs en anniversaires familiaux, de jeux insouciants en chants patriotiques entonnés avec son petit frère – qui, haut comme trois pommes, assure à sa grand-mère que les territoires conquis seront repris –, la réalisatrice Sareen Hairabedian a capturé, sur plus d’une année, la vie quotidienne de son jeune héros au cœur d’une région déchirée par un conflit séculaire. Entre innocence et gravité, la chronique délicate d’une enfance à l’ombre de la guerre, sélectionnée dans de nombreux festivals internationaux.
Témoignages de Diyarbakir, Kharpet, Dersim, Hamchène
Autant la suppression du mont Ararat des tampons de la douane arménienne démontre une soumission (avérée si c’est une demande de la Turquie ou mentale si c’est une initiative arménienne), autant la contre-réaction démontre, elle, un fétichisme qui ne va pas plus loin que la portée symbolique.
De l’autre côté de l’Ararat, en Turquie, depuis maintenant une vingtaine d’années, il y a un phénomène de résurgence de l’identité arménienne au travers des cryptos-Arméniens (islamisés, alévisés, turquifiés, kurdifiés), les « restes de l’épée » comme on les surnomme en Turquie.
Ces Arméniens qui reviennent à leurs racines sont une chance inestimable pour pouvoir faire renaître la culture et l’identité arménienne en Arménie Occidentale, sur cette terre laissée en friche depuis 1915.
Non seulement, ils peuvent être les acteurs d’une renaissance arménienne sur ces territoires, mais ils peuvent être aussi un formidable vecteur d’échange entre les sociétés turques/kurdes et arméniennes (Diaspora et Arménie). Une grande partie habitant l’Est de la Turquie, jouxtant les frontières du Caucase, peuvent à terme être, une courroie de transmission socio-économique pour la République d’Arménie.
Certains de ces Arméniens s’organisent en créant des associations à Diyarbakir, Mouch, Kharpet, Van, Istanbul, au Dersim, en pays Hamchène… Malheureusement, ces Arméniens sont livrés à eux-mêmes et ne disposent d’aucuns matériaux pour apprendre leur langue, leur histoire et leur coutume.
Pour remédier à cela ainsi que pour les accompagner dans leur structuration, notre ONG YERKIR s’est engagée depuis une quinzaine d’année dans la réalisation de programmes en Turquie (Revitalisation du Patrimoine immatériel, Track II Diplomacy, Dialogue Interculturel, Van Project, REPAIR, commémoration du 24 avril à Diyarbakir, MiASiN !).
Le mont Ararat n’est pas qu’une représentation symbolique sur un tableau ou un tampon, c’est un territoire qui porte en lui la possibilité de faire renaitre des communautés arméniennes sur leurs terres originelles.
Armen Ghazarian
Les pertes territoriales à la suite de la « guerre des 44 jours », l’émigration et le déclin démographique de l’Arménie, l’assimilation et l’acculturation en diaspora réduisent de toutes parts l’espace arménien. Ces « nouveaux » Arméniens sont une chance inestimable pour pouvoir faire renaître des communautés arméniennes sur leurs terres ancestrales.
Cette femme engagée et de courage préside également l’Union internationale de la presse francophone (UPF), en qualité de secrétaire générale depuis 2018. Elle revient sur son parcours et son lien si fort avec l’Arménie et la francophonie.
Née à Tbilissi, Zara Nazarian a grandi dans le quartier arménien de la capitale géorgienne. Elle a été profondément marquée par une culture triple, du Caucase, de Russie et du monde francophone. En 2004, après avoir démarré une brillante carrière professionnelle en France, elle a choisi de s’installer en Arménie où elle a créé Le Courrier d’Érevan, le premier média arménien entièrement en langue française.
L’association AgurArménie a invité l’humanitaire Élise Boghossian ce samedi 29 novembre. Elle partagera une lecture contemporaine des vicissitudes de la terre de ses ancêtres
L’Arménie finira-t-elle rayée des cartes ? Telle est la question à laquelle tentera de répondre Élise Boghossian, ce samedi 29 novembre, à 15 heures (entrée libre), à l’auditorium de la médiathèque.
Élise Boghossian est fondatrice de l’organisation non gouvernementale Elisecare, qui vient en aide aux victimes en zone de guerre. Elle est invitée par l’association mémorielle AgurArménie qui maintient les liens entre le Pays basque et ce pays à la civilisation trimillénaire. Ambassadrice des droits des femmes pour l’ONU, Élise Boghossian est une femme de terrain, souvent en déplacement aux quatre coins du monde.
« Les Sacrifiés »
En lien avec son histoire familiale, elle vient de publier chez Plon « Les Sacrifiés », ouvrage qui met en perspective la vie de ses ancêtres avec l’actualité récente des attaques turco-azéries en Arménie.
À Biarritz, elle vient sensibiliser sur ces terres menacées, sur un peuple martyrisé depuis plus d’un siècle. Cette conférence sera avant tout une déclaration passionnée d’amour à une nation en danger, un appel à l’unité, à l’engagement et à l’espoir.
La famille Mazloumian d’origine arménienne qui a accueilli Ataturk, Agatha Christie, T.E. Lawrence, le roi Faisal d’Irak, Charles Lindbergh et Yuri Gagarin
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Géographe et voyageur du Ibn Khordadbeh (persan de nationalité) au sujet de la division administrative-territoriale de l’Arménie et de la composition ethnique de la région du Haut-Karabakh. Ibn-Khaukal (Ibn Khordadbeh), a voyagé pendant plus de 30 ans dans différents pays. Auteur de l’ouvrage « Le livre des voies et des pays » (« Kitab al-masalik va-l-mamalik », 960-970s). Le livre a été republié à Londres en 1800.
AgurArménie présent à la Commémoration du 11 novembre 1918
Le 21 août 1914 de nombreux Arméniens de Paris ont défilé spontanément aux Champs Élysées avant de se rendre au bureau du recrutement des Invalides. Les Arméniens, à la suite de l’appel de M. Turabian, ont signé un engagement pour la durée de la guerre et seront versés dans la Légion étrangère conformément à la loi française. Je veux citer ici le Lieutenant-Colonel L’Hopitalier : « C’est un effectif important de soldats que les Arméniens ont offert à la France pour combattre à ses côtés. » Ils deviendront les héroïques et légendaires légionnaires de la Grande Guerre.
Le 9 mai 1915, le 2e Régiment de Marche composé en grande partie de volontaires arméniens est engagé en Artois. Ses effectifs ont rapidement fondu dans l’effrayante fournaise d’Artois et de Champagne; ce n’est que le début de faits héroïques. Terminons ce rappel avec une partie du discours d’Anatole France à la fin de la guerre : « Nous accomplissons ici ce devoir sacré. Nous rendons à l’Arménie les Honneurs dus, moins encore à ses illustres infortunes qu’à la constance avec laquelle elle les a supportées. Nous la louons de cet invincible amour qui l’attache à notre civilisation. Car l’Arménie est unie à nous par des liens de famille et elle prolonge en Orient le génie latin. Plus de cinq cent mille Arméniens sont morts pour notre cause et notre nom sur les lèvres. Après la victoire de nos armées qui combattent pour la Justice et la Liberté, les Alliés auront de grands devoirs à remplir, et le plus sacré de ces derniers sera de rendre la vie aux Peuples Martyrs. Alors ils assureront la sureté et l’indépendance de l’Arménie. Ils lui diront : Ma Sœur, lève toi, ne souffre plus, tu es désormais libre de vivre selon ton génie et ta foi » Ce vœu poignant est hélas resté lettre morte.
Au même moment, le gouvernement Jeunes Turcs ottoman parachevait sa sinistre et diabolique ordonnance : « Finissons d’éradiquer le peuple arménien et sa culture de ses terres ancestrales, quoi qu’il en coûte! » En plus d’avoir été une bataille horrible « la Somme » des Morts arméniens a dépassé les deux millions de morts. Nous porterons ensemble, embrassés à jamais, nos deux souvenirs carminés au pied de la Stèle de la Mémoire future de Biarritz, nouveau cimetière marin !
Fondatrice de l’ONG Elisecare qui vient en aide aux victimes en zone de guerre Ambassadrice des droits des femmes pour l’ONU
Bouleversée par les récentes attaques turco-azéries contre son pays d’origine, Élise Boghossian revient sur les pas de ses ancêtres arméniens. À travers Zadig, son grand-père, victime du génocide de 1915, puis de son père, couturier réfugié au Liban, puis en France, c’est l’histoire de l’Arménie et de son peuple qu’elle revisite. Il y a urgence à sensibiliser sur ces terres menacées, sur un peuple martyrisé depuis plus d’un siècle. Par l’écriture, des visages se révèlent ainsi que des souvenirs enfouis. Sommes-nous inévitablement les enfants de notre passé ?
Cette conférence sera une ode à la mémoire, une tentative de réparer les injustices, de donner une voix à ceux qui ne peuvent plus parler. Mais c’est avant tout une déclaration passionnée d’amour à une nation en danger, un appel vibrant à l’unité, à l’engagement et à l’espoir.
En partenariat avec AgurArménie, Association Culturelle France-Arménie du Pays Basque
L’Arménie, est aujourd’hui en danger de disparition, prise en tenaille entre l’Azerbaïdjan et la Turquie, lâchée par la Russie. Le soutien à ce pays du Caucase est un défi civilisationnel à relever.
En s’appuyant sur son ouvrage, L’Arménie va-t-elle disparaître ? ainsi que sur de nombreux entretiens et reportages réalisés sur place, Frédéric Pons expliquera comment le destin de l’Arménie, le plus ancien État chrétien au monde, concerne l’Europe et ses valeurs.
Au Haut-Karabakh, la destruction du patrimoine arménien par les Azerbaïdjanais témoigne de la volonté d’effacement de toute trace dans cette enclave chrétienne bimillénaire.
A l’issue de la conférence, Frédéric Pons dédicacera son ouvrage dans lequel il raconte la situation dramatique de l’Arménie.
Cette conférence est organisée par l’association Amitié et Echanges Franco-Arméniens (AEFA).
POINT DE VUE. En imposant un accord inédit dans le Caucase, le président américain fragilise l’Arménie et écarte la France du jeu régional. Analyse de Raphaëlle Auclert*, spécialiste de la Russie et de la Guerre froide. Le Journal du Dimanche 07/08/2025
Ilham Aliev, président de l’Azerbaïdjan (à gauche), Donald Trump, président des Etats-Unis, et Nikol Pachinian, Premier ministre de l’Arménie. - N. Howard/UPI/Newscom/SIPA
Ces 7 et 8 août 2025, une rencontre au sommet réunit à Washington le président américain Donald Trump, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le président azéri Ilham Aliyev. Les dirigeants s’apprêtent à signer un mémorandum d’entente secret censé poser les bases d’une stabilisation de la région. Cette occasion offrira à chacun le rôle de sa vie : Trump le faiseur de paix se rapprochera à grandes enjambées du Prix Nobel, auquel il pense tous les matins en se rasant, tandis que Pachinian et Aliyev démontreront ainsi leur bonne volonté pour trouver un apaisement après trente ans de guerre entre leurs pays respectifs. Bien que ce document ne soit pas un traité à part entière, qu’il ne prévoie pas d’engagements précis ni de mécanismes pour en assurer l’application, Pachinian s’empresse de l’accepter, sacrifiant au passage les intérêts véritables de son pays pour des chimères de gloire diplomatique.
Le corridor de Zanguezour, tête de pont américaine et grignotage turc dans le Caucase
Le point central de ce document, auquel nous avons eu accès, est l’ouverture dudit « corridor de Zanguezour » traversant sur 42 km la province arménienne de Syunik pour relier l’exclave azerbaïdjanaise de Nakhitchevan au reste du pays. Ce projet, connu également sous l’appellation de Trump’s Bridge pour Bilateral Regional Defence Gateway & Economic corridor ou The Trump Route for International Peace and Prosperity (acronyme TRIPP), sera contrôlé par des structures turques et otaniennes, notamment par une société de gestion américaine qui jouira de droits privilégiés. L’Arménie ne percevra que 30 % des revenus générés par ce corridor.
La signature de ce mémorandum renforcera la présence des États-Unis dans le Caucase du Sud au détriment de la Russie, de l’Iran et des Européens. Trump tirera tout le bénéfice diplomatique de la résolution de ce conflit régional complexe, tandis que la Turquie étendra son influence et avancera ses pions dans l’accomplissement de son ambition panturquiste. Elle s’appuiera pour cela sur son alliance avec l’Azerbaïdjan, qui bénéficie d’avantages économiques et militaires, notamment une connexion directe avec le Nakhitchevan.
La France, traditionnelle puissance d’équilibre dans la région, se trouve définitivement évincée
Après avoir arraché le Haut-Karabakh à l’Arménie en 2020, la création du corridor de Zanguezour est devenue la principale revendication de l’Azerbaïdjan, mais Erevan y résistait. En effet, il signifiait la renonciation à sa souveraineté sur une partie importante de son territoire. Mais cela ne semble pas déranger le Premier ministre arménien ; le mémorandum prévoit même des modifications constitutionnelles, avec renonciation à toute revendication territoriale envers l’Azerbaïdjan, affaiblissant les garanties juridiques d’Erevan et sa position régionale. La France, quant à elle, traditionnelle puissance d’équilibre dans la région, s’en trouvera de fait totalement et définitivement évincée.
La France victime collatérale de ce nouveau deal de Trump
Cette situation porte un coup grave à Paris, qui voit à juste titre le Caucase du Sud comme une plaque tournante des axes de transport et énergétiques reliant l’Europe et l’Asie centrale. La France, leader mondial dans le nucléaire et la sécurité énergétique, compte par ailleurs sur la stabilité de ses approvisionnements en uranium d’Asie centrale, a fortiori après la bérézina nigérienne… En effet, selon Euratom, en 2023, 27 % de ses importations d’uranium provenaient du Kazakhstan et 19 % d’Ouzbékistan. Pour elle, désenclaver et diversifier les routes de transport traversant l’Arménie représenterait une opportunité stratégique majeure. En revanche, l’ouverture d’un corridor sous contrôle américain, turc et azerbaïdjanais réduirait la possibilité d’itinéraires alternatifs. Ainsi, la dépendance européenne vis-à-vis de la Turquie et de l’Azerbaïdjan augmenterait et le rôle de la France comme acteur européen dans la région, lui, s’affaiblirait. Paris serait alors reléguée au rang d’observateur impuissant devant la mainmise des États-Unis et de l’OTAN.
Nikol Pachinian est parfaitement conscient que le peuple arménien ne peut raisonnablement accepter la vente au rabais des intérêts de son pays. C’est pourquoi l’homme politique n’a eu de cesse de marteler que la création du corridor de Zanguezour n’était pas à l’ordre du jour, lui préférant l’expression ambiguë de « carrefour de la paix » qui n’est autre que ce même corridor. Alors qu’en est-il vraiment ? Après la fuite d’informations sur ce projet de mémorandum d’entente fin juillet, confirmant une déclaration émise deux semaines plus tôt par l’ambassadeur américain en Turquie, le dirigeant arménien a nié farouchement l’existence de ce document et s’est bien gardé d’en révéler la teneur à ses compatriotes. Pourtant, sa signature aura lieu demain. La mise en place de ce corridor entraînera une présence militaire étrangère permanente sur le sol arménien, puisque la sécurité en sera confiée à une société militaire privée qui déploiera une force pouvant atteindre 1 000 hommes. En l’acceptant, Pachinian prive de fait l’Arménie de sa souveraineté, bradant les intérêts nationaux au profit des appétits géopolitiques américains et turcs.
* Raphaëlle Auclert est enseignante-chercheuse et docteur en Études russes. Spécialiste de la Russie et de la Guerre froide, elle a coécrit Poutine, Lord of war, paru en 2024 chez Mareuil Éditions.