La passe d’armes se poursuit entre Paris et Ankara alors que la tension monte en Méditerranée. L’occasion pour le Sénat d’auditionner l’ambassadeur de Turquie en France et, peut-être, d’apaiser un peu les choses.
Triste anniversaire, le centenaire du Traité de Sèvres suite à la chute de l’Empire ottoman en 1918 …
En signant le Traité de Sèvres, la Turquie reconnaissait l’appartenance à l’Arménie des vilayets orientaux où les Arméniens étaient majoritaires avant le génocide de 1915, restaurant l’Arménie dans ses droits, et lui donnant un accès à la mer (voir carte). Le traité acceptait aussi le principe d’un tribunal international pour juger les assassins du peuple arménien.
Triste anniversaire… car le traité de Sèvres garanti par les États-Unis et les puissances de l’Entente n’a JAMAiS été appliqué.!
Vous trouverez dans les mensuels France-Arménie Magazine et Nouvelles d’Arménie Magazine des analyses sur les faits historiques qui ont marqué la période allant de la défaite des Ottomans après 1918 à la signature du traité de Sèvres, et ce qui s’est ensuite passé entre 1920 et 1923 pour aboutir au retournement de situation du traité de Lausanne avec le triomphe du Panturquisme et le nouveau découpage de l’Arménie actuelle.
A écouter en direct samedi 18 juillet 10h15 ou dimanche 19 juillet 9h15 Ou bien en podcast sur vos ordinateurs ou smartphones www.radio-aypfm.com
L’épidémie qui frappe la planète entière n’a pas épargné l’Arménie. Outre la dégradation des conditions sanitaires particulièrement sérieuses, c’est le cadre économique du pays qui s’en trouve sévèrement affecté. Depuis le 12 juillet, la frontière nord est de l’Arménie, dans la région du Tavouch, subit une violente tentative d’intrusion des forces Azéries. D’intenses combats se sont déroulés durant toute cette semaine et les forces arméniennes ont repoussé les agresseurs en leur infligeant de nombreuses pertes humaines et matérielles.
Avec la participation de l’historien Raymond KEVORKIAN Un film riche d’informations et bouleversant de témoignages
Depuis ma tendre enfance, j’ai entendu les histoires que me racontait ma grand-mère, photos à l’appui. J’étais si profondément impressionné qu’il me semblait que j’avais tout vu de mes propres yeux. Je me souviens aussi que pendant qu’elle me racontait son histoire, elle devenait parfois silencieuse et son visage se fermait ; elle disait qu’elle ne se souvenait plus de rien. L’ARBRE est l’histoire de ma grand-mère Azniv Martirosyan. C’est elle qui m’a racontée l’histoire du génocide arménien de 1915. Elle fut la seule survivante des 38 personnes de ma famille. Hakob Melkonyan
Chers amis, avant l’été, et après l’épreuve du confinement, nous avons besoin de nous retrouver …
Traditionnelle fête champêtre de l’Association AgurArménie Dimanche 5 juillet 2020 A partir de midi, dans une ambiance conviviale, en conformité avec les consignes sanitaires du moment ,patioextérieur, à BAYONNE, Maison Diocésaine, 10 avenue Darrigrand
Lieu où nous avons eu l’Assemblée Générale et le repas du Nouvel An Dans le respect des « gestes barrières », pas d’embrassades, masques pour circuler, votre gel hydro-alcoolique, distanciation… N’oubliez pas d’apporter vos couverts, boisson eau vin, et un plat salé ou sucré (ou plus) qui sera mis en commun pour un buffet partagé, comme dans la tradition….
Apéritif offert par l’Association Une petite participation au pot de 5€ (ou plus ….) sera demandée (location des lieux privatisés) Une balade dans le parc de la Maison peut être proposée soit le matin, soit l’après-midi (merci de nous prévenir pour l’organisation)
Pour les retardataires, il est encore temps, mais places limitées, ne tardez pas … Répondre à LUCIE Plus de précisions seront envoyées aux inscrits (code d’accès, etc)
Les héroïnes du film sont cinq femmes d’Europe, humanistes et missionnaires : Karen Jeppe, Maria Jakobsen (Danemark), Bodyl Biorn (Norvège), Alma Johansson (Suède), Anna Hedvig Büll (Estonie). Elles sont de vraies personnes qui sont connues non seulement pour avoir été témoins du génocide des Arméniens, mais aussi pour leur humanisme, car elles sont parvenues à sauver des milliers d’enfants et de femmes.
Production : « MAN PICTURES STUDIO », Arménie Avec le soutient de Centre National du Cinéma Arménien Narrateur : Svanté Loundgrène Idée originale du film : Manvel Saribékian Scénario : Anna Sarkissian. Directeurs de la photographie : Arthur Gaharian Musique originale :Vig Zartman Réalisation : Aram Chahbazian Producteur : Manvel Saribékian
« Le 24 Avril 1915, le gouvernement turc déclenchait contre le peuple arménien le premier génocide du XXe siècle. La Turquie doit reconnaître et demander pardon ».
Adaptation mise en scène Alexis Bertin, jeu et musique Lorianne Cherpillod et Mathilde Soutter, création lumière Adrien Laneau, le 7 février 2020 Suivi d’un débat avec le public en présence de Pinar Selek et Alexis Bertin. Voir sur YouTube
Le génocide arménien a un siècle. Pinar Selek, sociologue, romancière et militante Turque, nous fait vagabonder, non sans frémissements, dans l’histoire de la Turquie, de ses minorités, mais aussi dans des vies singulières aux destins souvent tragiques. Au fil des souvenirs et des rencontres, elle questionne les tabous de la société turque contemporaine à travers un récit tantôt poétique, tantôt militant. Au-delà de la question arménienne, c’est le témoignage sensible et autocritique de l’auteure, qui partage ses doutes et interroge notre rapport à l’Histoire et notre responsabilité vis-à-vis de celle-ci.
Sur scène, deux comédiennes-musiciennes prendront la parole pour raconter le combat et l’espoir de cette femme. Une parole à deux voix, tantôt parlée, tantôt chantée. Portée par les accents envoûtants de musiques traditionnelles turques et arméniennes. Au-delà de son histoire, c’est un témoignage puissant et humaniste, dont les mots résonnent dans nos sociétés où les minorités doivent encore trop souvent vivre dans l’ombre.
Ou comment les arts, et singulièrement la musique, permettent à une nation de vivre son identité, malgré les drames de son histoire. Écouter l’émission de France-Culture
Le Mont Ararat, symbole du pays, confisqué depuis 1921 par le voisin turc.• Crédits : Jan Woitas/picture alliance – Getty
Voyage en Arménie, ancien royaume florissant et premier Etat officiellement chrétien, changé au cours des siècles en une petite république montagneuse enclavée au sud du Caucase, au gré des conquêtes et des appétits de ses voisins byzantins, perses, ottomans, russes, soviétiques puis azéris.
Traumatisée par le génocide commis par les Turcs en 1915, soumise à la tutelle de Moscou jusqu’à son indépendance en 1991, la nation arménienne s’était forgée son identité dans ces pertes successives et la coexistence de ses mémoires diverses, celles de ses habitants restés sur place et de sa diaspora.
Pays de forte tradition musicale – depuis le répertoire ancien exhumé au début du XXème siècle par le prêtre et musicologue Komitas jusqu’au jazz ou aux échos pop de ses exilés – avide l’Arménie déroule ses passions, ses fiertés, et ses rêves brisés.
Erevan, la place Lénine et ses constructions de tuf rose, 1967• Crédits : Dean Conger/Corbis – Getty
Programmation musicale et archives
Archive pré-générique : « L’homme arménien c’est une sorte de feu, une flamme qui brûle… »,extrait de l’émission Grand angle, diffusion France Culture, 16/11/1991 Komitas : Fragments 1, extrait de l’album Komitas : Patarag (Fragments) interprété par l’Ensemble de musique de chambre d’Arménie (dir. Zareh Saakiants) édité vers 1971 par le label russe Melodiya – fond sonore – Adiss Harmandian : Tou im yerkn yes (Adisc records, 1975 puis Arka records, 1979) Bagrat Bagramiants : En inch man er ark ayakan (1909) édité sur la compilation Before the revolution : a 1909 recording expedition in the Caucasus and Central Asia by the Gramophone Company (Topic records, 2002) – fond sonore – Tigran Hamasyan : Mother, where are you? (trad.), album A fable (Verve records, 2011) – fond sonore – Témoignage d’un survivant du génocide, diffusé dans l’émission Aujourd’hui la vie, Antenne 2, 06/05/1985 Komitas : Dle yaman interprété au duduk par Djivan Gasparyan et le L.A. classic ensemble pour la compilation Djivan Gasparyan : The Soul of Armenia (Network Medien, 2008) Komitas : Karoun – aussi orthographié garoun a – (pour quatuor a cordes) par le Komitas Quartet (album Komitas-Hadyn-Chostakovitch, enregistré en 1994 à Erevan) – fond sonore – Komitas : Der voghormia, interprété par le choeur mixte arménien de Paris (dir. Garbis Aprikian) sur l’album Chants de la liturgie arménienne (label Amiga, 1991) Komitas : Yot par (Seven dances) : Yerangui of Yerevan interprété par l’ensemble Gurdjieff (dir. Levon Eskenian), sur l’album Komitas : The Gurdjieff ensemble (EMI, 2015) – fond sonore – Aïda Aznavour (feat. Kevork Yanbekian Orchestra) : Sirerk (1957) réédité sur la compilation Succès et raretés (Marianne Mélodie, 2016) Aram Khatchatourian : Danse D’Aïcha (valse), extrait du ballet Gayaneh interprété par l’orch. du théâtre Bolchoï (dir. Evgueni Svetlanov), album Khatchaturian : Gayaneh et Spartacus (Le chant du monde, 2000) – fond sonore – Aram Khatchatourian : Lezginka, extrait du ballet Gayaneh (référence identique) Vartan Margosian : Dersim dört dağ içinde (1937) – fond sonore – The Remains : Don’t look back (1966) Maxim Panossian : Hey Asdgher, album Kinedoun (BASF, 1972) – fond sonore – Extrait du film Sayat Nova réalisé par Sergueï Paradjanov (1968) Hamlet Minassian : On the day’s, album Armenian Pop Music (DOM, 1979) Nicolas Jaar : Construction, album Pomegranates (2015) – fond sonore – Archive : rapport à son pays d’origine d’une jeune arménienne installée en France,diffusé dans l’émission Aujourd’hui la vie, Antenne 2, 06/05/1985 Archive : séisme de décembre 1988, diffusion La Cinq, 08/12/1988 Archive : indépendance de l’Arménie, diffusion France 2, 22/09/1991 Deti Picasso : Ninare, album Ethnic Experiments (2014) Zartong : Toy narguiz, album Zartong (O-music, 1979) – fond sonore – Macha Gharibian : Joy ascension, album Joy ascension (Meredith records, 2019) Archive : François Mitterrand sur le génocide des Arméniens, propos tenus à Vienne le 7 février 1984 (diffusion Antenne 2, 04/05/1984)
Bien que les langues basque et arménienne ne partagent aucune ressemblance superficielle, elles partagent une litanie déroutante de mots et d’éléments grammaticaux.
À quelques pas de l’entrée de la cathédrale du Bon Pasteur, l’un des monuments les plus visibles de Saint-Sébastien avec sa flèche gothique perçant le ciel, se trouve une simple dalle de terre à deux faces. Dans ce coin du Pays basque espagnol, il semble hors de propos: sculpté d’un côté avec une croix apostolique et de l’autre avec un alphabet mystérieux et non latin.
Les lettres ne sont certainement pas l’euskara, également connu sous le nom de basque, une langue européenne énigmatique célèbre pour l’absence de liens clairs avec des parents linguistiques vivants. Au lieu de cela, ce khachkar arménien (une stèle commémorative à croix) a été placé dans le centre de Saint-Sébastien en 2017 par la communauté arménienne moderne de la ville pour commémorer le centenaire du massacre des Arméniens par les Turcs ottomans, dont le Parlement du Pays basque est l’un des cinq. parlements espagnols à reconnaître officiellement.
Il y a une raison surprenante à la camaraderie entre ces deux petits groupes ethniques éloignés qui sont de part et d’autre de l’Europe. Bien que leurs langues n’indiquent aucune ressemblance superficielle – même les scripts semblent relativement étrangers les uns aux autres – ils partagent une litanie déroutante de mots et d’éléments grammaticaux qui sont reconnus par les érudits arméniens et basques.
Quand j’ai vu pour la première fois ce khachkar arménien, je venais d’arriver de Biarritz au Pays basque français, où l’Association AgurArménie (association arméno-basque) annonce également une forte amitié entre les deux groupes ostensiblement distincts. De plus, alors que je roulais maladroitement devant le mémorial avec une valise à la main, j’ai remarqué que le khachkar de Saint-Sébastien semblait familier. Au musée basque de Bayonne, à une courte distance à l’intérieur des terres de Biarritz, j’avais vu des stèles funéraires basques médiévales qui portaient des motifs artistiques aux similitudes frappantes avec celui de Saint-Sébastien.
Etait-ce juste une coïncidence? De nombreux Arméniens pensent que ces similitudes ne le sont pas. Contrairement à la croyance populaire selon laquelle les Basques sont une île culturelle, la théorie d’origine arménienne revendique des liens linguistiques, toponymiques, mythologiques et même ADN entre les Arméniens et les Basques. Bien que cette théorie remonte à des siècles, elle a été récemment revigorée par le linguiste arménien Vahan Sargsyan, qui a publié de nombreux livres et études sur le sujet, dont un tout premier dictionnaire arméno-basque en 2001.
C’est un sujet non sans controverse. La théorie largement soutenue par de nombreux Basques, y compris sur leur site touristique gouvernemental, est que leur origine ethnolinguistique est isolée. Cela signifie que leur langue et leur ADN sont uniques – et qu’ils proviendraient directement de chasseurs-cueilleurs venus dans cette région bien avant que l’agriculture néolithique n’entre dans la région il y a 7 500 ans.
Cependant, en 2015, les tests d’ADN effectués par le généticien des populations Mattias Jakobsson de l’Université d’Uppsala en Suède ont mis à mal cette théorie lorsque son équipe a trouvé de fortes correspondances d’ADN entre les squelettes d’agriculteurs néolithiques ibériques, qui datent de 5500 à 3500 ans, et les Basques modernes. , selon Science Magazine. Mais la découverte n’a pas mis fin. Les chercheurs ont également concédé qu’ils ne pouvaient pas «totalement exclure la possibilité que le basque ait encore ses origines dans une langue de chasseur-cueilleur qui a été conservée et transportée comme une agriculture répandue dans toute la péninsule ibérique» – ce qui laisse le mystère non résolu.
Ce qui rend la théorie arméno-basque intrigante, c’est qu’elle a longtemps été soutenue par des recherches linguistiques, d’abord dans un article du linguiste basque britannique Edward Spencer Dodgson en 1884, puis par des études du philologue allemand Joseph Karst en 1928, qui a découvert plus de 300 Correspondances lexicales, grammaticales et phonétiques basco-arméniennes, y compris tegi (lieu) et zat (séparé en basque) / zati (séparé en arménien).
De façon plus contemporaine, le travail de collaboration de Sargsyan en 1998 avec des linguistes arméniens et basques a identifié près de 600 mots parallèles partagés entre les deux langues, dont Sargsyan a suggéré qu’ils ont été introduits par la métallurgie et l’agriculture via une ancienne migration d’Arméniens dans cette région. « Ce n’est pas un hasard si les langues arménienne et basque ont un certain nombre de mots presque identiques concernant l’agriculture », écrit-il dans un article de 2006 dans le magazine Erevan, faisant référence aux mots partagés ardi (mouton), urti (aquifère) et gari (mil en basque; orge en arménien).
J’étais curieux de tester le lexique arméno-basque pour voir s’il était mutuellement intelligible, alors je me suis mis à interroger les locuteurs de l’euskara des deux côtés de la frontière franco-espagnole.
De Bayonne à Bilbao, la région basque, vue depuis plusieurs places de train, est une terre de verdure éclatante qui traverse d’épaisses pelouses et des sommets brumeux. C’est cette terre qui a pourvu aux premiers éleveurs basques, et son long littoral pour les pêcheurs, qui sont tous deux des traditions encore fortement défendues aujourd’hui. Alors que 90% des Espagnols vivent dans les grandes villes, ce qui fait du pays l’un des plus dépeuplés d’Europe, contrairement à la majorité des plus de deux millions de personnes du Pays basque espagnol, le mode de vie est rural ou suburbain.
Cet ancrage fort dans la vie du village a créé de nombreux dialectes et, dans les écoles et institutions publiques basques, un Euskara standardisé, appelé batua, est employé.
J’ai montré à Manex Otegi, originaire de Saint-Sébastien que j’ai rencontré lors de ma location de vacances, une liste de 26 mots arméno-basques partagés de la compilation de Sargsyan. «C’est basque, mais c’est un peu bizarre; il semble être vraiment vieux », a-t-il dit, se référant à la liste. « Seuls six mots sur cette liste sont des batua », a-t-il ajouté, soulignant les mots arméno-basques zati (séparés) et txar (mal). « Je ne sais pas d’où ils [les autres] viennent et je suppose que ceux que je ne connais pas, c’est parce qu’ils sont très vieux et ont peut-être été perdus en raison du manque d’utilisation au fil des ans et de la petite population. »
J’ai répété le même interrogatoire avec des amis arméniens de Bayonne, qui n’ont reconnu qu’un seul mot de la liste, le mot mouton (ardi), comme un mot arménien archaïque.
À en juger par les conversations dans les trains et les bars à pintxos, puis avec les universitaires, il semble que la plupart des mots arméno-basques partagés sont obsolètes et ne font plus partie de l’une ou l’autre langue moderne.
Malheureusement, aucun locuteur vivant connu ne parle couramment les deux langues et Sargsyan, qui était autodidacte en basque, est décédé après une soudaine crise cardiaque en 2011 à l’âge de 54 ans. Selon sa fille Arevik, il a laissé des centaines de cartes flash de mots partagés supplémentaires, qui n’ont pas encore été publiés.
Mais comment deux cultures ethnolinguistiques isolées ont-elles pu partager autant de mots? De nombreux universitaires – arméniens et basques – dont le linguiste basque Charles Videgain, m’ont toujours pointé vers Bilbao, où se trouve l’Euskaltzaindia (Académie royale de la langue basque), pour parler avec les esprits les plus éminents de l’histoire de la langue basque.
À Bilbao, cependant, tous les universitaires avec lesquels j’ai parlé ont officiellement rejeté tout lien entre les Basques et les peuples du Caucase (y compris les Arméniens ou les Géorgiens). Xabier Kintana, directeur en chef de l’Euskaltzaindia, m’a dit que la liste de Sargsyan de mots arméno-basques partagés « est tirée de façon très aléatoire des différents dialectes modernes de la langue basque » et « sont sûrement d’anciens prêts de langues latines, celtiques et autres, en leur temps voisins du Basque, ce qui invalide leur comparaison. «
Il a insisté sur le fait que pour qu’une telle étude réussisse à trouver une origine commune, il faudrait faire des comparaisons entre les anciennes formes des deux langues. Cela supprimerait les emprunts à d’autres langues, à la fois dans le cas basque (latin, ibérique, celtibère, etc.) et arménien (arabe, turc, syriaque, etc.). Cependant, la comparaison des langues anciennes dépend de tailles d’échantillons souvent très minuscules provenant de fouilles archéologiques, ce qui signifie qu’il est souvent impossible d’obtenir une image complète.
Même si une connexion linguistique est trouvée, en fin de compte, aucune preuve matérielle solide liant les deux peuples n’est disponible. « La seule relation entre ces peuples est la similitude de certains mots », m’a expliqué l’archéologue basque Mertxe Urteaga. «Il n’y a aucune preuve [archéologique] de la présence arménienne au Pays basque et en Navarre.»
Cela m’a laissé là où j’ai commencé, incapable de trouver la preuve d’un lien entre les deux groupes ethniques, mais toujours pas convaincu que deux langues partageant des centaines de mots pourraient être une pure coïncidence.
Pour l’instant, il semble que l’histoire de la genèse basque reste l’une des plus grandes énigmes d’Europe; un trésor rare de découverte dans un monde déjà largement tracé, attendant que quelqu’un l’ouvre enfin.
Le 12 décembre 2019, le Congrès américain reconnaissait le génocide arménien de 1915. Xavier Mauduit s’entretient ce matin avec l’historien turc Taner Akçam qui, muni de nombreuses preuves, réfute le négationnisme truc dans son nouvel essai « Ordres de tuer. Arménie 1915 » paru aux éditions du CNRS. Écouter l’émission de France Culture du 14 fév 2020
Illustration issue de l’ouvrage de Taner Akçam « Ordre de tuer » : câble codé de Sükrü, directeur des affaires tribales et d’immigration, 25 septembre 1915• Crédits : Taner Akçam, « Ordre de tuer, Arménie 1915 », CNRS éditions.
Il est des sujets qui portent à polémique, des moments de l’histoire qui imposent de peser chaque mot. Est-ce le cas avec « génocide arménien » ? En réalité, le mot génocide ne pose pas de question : il y a bien eu un génocide contre le peuple arménien, dès 1915, dans l’Empire ottoman, la Turquie actuelle. D’ailleurs, ce génocide est reconnu dans la législation de nombreux pays. Quant au qualificatif « arménien », peut-être faut-il plutôt dire « génocide des Arméniens ». En revanche quand il s’agit de parler du « négationnisme turc », des questions se posent. Pas tellement pour « négationnisme », car il s’exprime de manière évidente depuis le génocide, avec une harmonieuse entente de la part des autorités quels que soient les régimes. La question tient davantage qualificatif « turc » : le négationnisme est-il turc ? Peut-il être associé à une nation, un peuple ? Ne serait-il pas plus correct de parler d’un négationnisme d’État, d’un négationnisme officiel de l’État turc ? Car quelques Turcs ont aidé des Arméniens pendant le génocide et il est des Turcs qui, aujourd’hui encore, portent un regard clair sur cette mémoire douloureuse. L’historien turc Taner Akçam que nous recevons ce matin est de ceux-là. Ses travaux ne visent pas la division, la polémique. Si Taner Akçam porte un regard clair sur ce passé, c’est pour la réconciliation : la réconciliation des Turcs avec les Arméniens, sans doute… la réconciliation des Turcs avec eux même, surtout.
Un article dans la Lettre du Pays Basque écrit par Alexandre. de la CERDA, sur St Blaise, médecin et évêque arménien du 4e siècle et sur l’Hôpital St Blaise et son église, à l’occasion de la fête St Blaise « ce dimanche 2 février à 10h30 à l’église romane de L’Hôpital-Saint-Blaise pour une messe célébrée en l’honneur du Saint Patron, suivie d’une procession avec la statue du saint« . Certains d’entre vous se souviennent que nous avons fait les premiers pique-niques de l’Association à l’Hôpital St Blaise, avec même un récital de Chants arméniens et basques par Garig Djagarian, ténor, dans le jolie église dont l’architecture originale nous rappelle celle d’églises arméniennes.