Haut-Karabakh : le patrimoine culturel arménien menacé

Depuis la fin du conflit, le 9 novembre 2020, Erevan et Bakou ne cessent de s’accuser l’un l’autre de la destruction de monuments

L’église Kanach Zham. à Chouchi (HautKarabakh),
ici, le 2 octobre 2020, est désormais quasi détruite. BRENDAN HOFFMAN/GETTY IMAGES/AFP

Article de Faustine Vincent dans Le Monde du 28 avril 2021

« Détruire les monuments arméniens
vise à garantir qu’il n’y aura
aucune présence arménienne
sur ces terres à l’avenir »
SIMON MAGHAKYAN
chercheur

Pour le Haut-Karabakh : une pétition à l’Unesco et un concert

La Lettre du Pays Basque
Baskulture le 13 nov 2020
Alexandre de La Cerda

Pour le Haut-Karabakh : une pétition à l'Unesco et un concert

Avec la déclaration de cessez-le-feu au Karabakh, l’Azerbaïdjan va récupérer des territoires avec une densité exceptionnelle d’un patrimoine architectural, historique, culturel, inestimable, remontant à presque 15 siècles (Tsitsernavank), .. les beaux ensembles monastiques (et leur contenu) de Gandzasar, de Dadivank du IXème au XIIème siècle.
Étant donné les destructions opérées précédemment par les autorités azéries (…), la communauté arménienne du Pays Basque et de Gascogne désire attirer l’attention des instances internationales pour éviter les destructions par les azéris comme au Nakhichevan.

Une pétition a été mise en ligne : « UNESCO: Protect Armenian Cultural & Historical Sites in Artsakh« 

Un concert exceptionnel, chez vous, vendredi 27 novembre à 20h30 !
Réservations : https://bit.ly/38abgoj

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de ce superbe article d’Alexandre de La Cerda

Haut-Karabakh : la Russie envoie ses forces de paix après l’accord de cessez-le-feu

Vidéo sur France24 le 11 nov 2020
Récit d’Antoine Mariotti

La Turquie a désormais un accès direct vers Bakou par la création d’un corridor au sud de l’Arménie reliant l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan

« Nous étions présents en Libye, en Syrie, maintenant nous le sommes en Azerbaïdjan. Nous sommes présents. » Recep Tayyip Erdogan, Président de la Turquie © France24

Éditorial d’Ara Toranian dans NAM armenews.com 10 nov 2020

Remarquable éditorial d’Ara Toranian dans armenews.com soulignant les points positifs de l’accord de cessez-le-feu signé le 9 nov 2020

Les circonstances terrifiantes dans lesquelles la partie arménienne s’est vu imposer un cessez-le-feu qui l’a obligée à restituer des territoires conquis au prix du sang sont forcément sources de bouleversement, de frustration, voire de colère. Du fait de l’accord tripartite signé entre l’Arménie, la Russie et l’Azerbaïdjan, la République du Haut-Karabakh a été contrainte de céder sur le tapis vert des terres qu’elle avait gagnées sur le terrain, comme Kalbadjar, Aghdam et Latchin. De plus — phénomène peut-être plus grave —, «l’Arménie indépendante» perd la maitrise absolue de ses frontières sur son flanc occidental avec le Nakhitchevan et oriental avec l’Azerbaïdjan, dont la défense et le respect seront assurés par des forces russes. Dans le prolongement toutefois de ce qui existe déjà…

Ces concessions, y compris territoriales, sont-elles pour autant aussi catastrophiques qu’elles le paraissent? Justifient-elles le ton aussi triomphaliste que criminel du dictateur Ilham Aliev qui a déclaré sans ambage «j’avais dit qu’on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait»? Sont-elles aussi de nature à fonder l’enthousiasme d’Ankara qui salue la «grande victoire» de l’Azerbaïdjan, au motif qu’il a «reconquis des terres occupées depuis trente ans»?

Qu’il soit permis d’en douter.
Tout d’abord les déclarations d’Aliev constituent une reconnaissance de fait de la République du Haut-Karabakh, entité non azerbaïdjanaise et dont il renoncerait donc à «chasser les Arméniens». Ensuite, Bakou a été obligé d’accepter une présence militaire russe sur un territoire qu’il dit sien. Ce qui représente pour le moins une humiliation eu égard à sa souveraineté revendiquée. Enfin la partie turque est totalement absente de cet accord dont le grand gagnant est Poutine, lequel restaure sa main-mise sur sa chasse gardée du Sud Caucase.

A cet égard, on ne peut que s’étonner que le régime Aliev, qui était en train de conquérir Chouchi après avoir réalisé toute une série d’avancées sur le plan militaire, ait consenti à cette concession sur son autorité. Ce recul ne s’apparente-t-il pas à une forme de capitulation, si ce n’est d’hommage à la résistance arménienne, qui en dépit d’un rapport de force caricaturalement inégal, a réussi à tenir tête pendant six semaines à l’armada turco-djihadisto-azérie et à lui infliger de très lourdes pertes?

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L’Arménie a besoin de sérénité pour sortir de l’épreuve terrifiante qu’elle est en train de subir. Elle ne peut se permettre d’ajouter de la crise à la crise, et encore moins de laisser quelque puissance que ce soit décider du sort de ses dirigeants légitimement élus, le Premier ministre en tête.
Enfin, les moments dramatiques que nous venons de traverser renvoient une fois de plus à la solitude de l’Arménie face à la barbarie. Ils nous rappellent à nos devoirs pour battre en brèche l’indifférence et faire valoir la responsabilité de protéger le peu qu’il reste du peuple arménien sur ses terres. En ce sens, le slogan de la reconnaissance est plus que jamais d’actualité.

par Hilda le mardi 10 novembre 2020
© armenews.com 2020

Cessez-le-feu au Haut-Karabakh ce jour mardi 10 nov 2020

Le Monde avec AFP mardi 10 novembre 2020

Des centaines d’Arméniens ont protesté contre l’accord de paix avec l’Azerbaïdjan, dans les bâtiments du gouvernement, à Erevan, le 9 novembre. LAURENT VAN DER STOCKT pour « LE MONDE »

« Le 9 novembre, le président de l’Azerbaïdjan [Ilham Aliev], le premier ministre de l’Arménie, [Nikol] Pachinian, et le président de la Fédération de Russie ont signé une déclaration annonçant un cessez-le-feu total et la fin de toutes les actions militaires dans la zone du conflit du Haut-Karabakh à partir de minuit le 10 novembre, heure de Moscou », a dit Vladimir Poutine

Le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avait annoncé quelques minutes auparavant sur sa page Facebook la signature de cet accord : « J’ai signé une déclaration avec les présidents de Russie et d’Azerbaïdjan sur la fin de la guerre au Karabakh », qualifiant cette initiative d’« incroyablement douloureuse pour moi et pour notre peuple »

Dès l’annonce de cet accord, une foule de milliers de manifestants en colère s’est rassemblée aux abords du siège du gouvernement arménien. Des centaines d’entre eux ont pénétré dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) sur place. « Nikol est un traître », ont notamment scandé les manifestants.

Lire l’article du journal Le Monde du 10/11/2020

Une défaite militaire dans le Haut-Karabakh a de quoi menacer l’avenir du premier ministre arménien, porté au pouvoir au terme d’une révolte populaire en 2018. Dix-sept partis d’opposition, dont certains des plus importants, avaient réclamé avant même l’accord de fin des hostilités la démission de M. Pachinian et de tout son gouvernement.

L’étau se resserre sur Stepanakert la « capitale » du Haut-Karabakh

Rémy Ourdan
Le Monde vendredi 6 novembre 2020

Les forces azerbaïdjanaises ont coupé en deux endroits la route qui relie Stepanakert à l’Arménie, via le corridor de Latchine

Les habitants entrevoient pour la première fois le spectre d’une guerre longue aux portes de la ville

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Deux articles parus dans le journal « Le Monde » – 28/10 et 03/11/2020

Le Monde du mardi 3 nov 2020

Reportage de Rémy Ourdan à Stepanakert, Chouchi, Achavno (Haut-Karabakh) et correspondance de Paul Tavignot à Soumgaït, Azerbaïdjan

Le Monde du mercredi 28 oct 2020

Vincent Duclert est historien, chercheur au Cespra (EHESS-CNRS) et enseignant à Sciences Po. Il est notamment l’auteur de La France face au génocide des Arméniens (Fayard, 2015), et, avec Hamit Bozarslan et Raymond H. Kévorkian, de Comprendre le génocide des Arméniens de 1915 à nos jours (Tallandier, 2015 et 2016)

Le conflit du Haut-Karabakh : « L’Église fait corps avec le peuple arménien »

Article publié le 29 octobre 2020 par eglise.catholique.fr édité par la Conférence des Évêques de France

Le 27 septembre, le conflit a repris entre les forces azerbaidjanaises et les forces arméniennes de la république autoproclamée du Haut-Karabakh, peuplée majoritairement d’Arméniens mais officiellement incorporée en Azerbaïdjan. Ces deux anciennes républiques soviétiques du Caucase s’opposent dans des combats meurtriers. Expert du Caucase et du Moyen Orient, Tigrane Yégavian, chercheur et journaliste, auteur de Minorités d’Orient, les oubliés de l’histoire (mention spéciale du Prix littéraire de l’Œuvre d’Orient) nous livre son éclairage sur les enjeux géopolitiques de la région.

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Carte Caucase

Lecture de Araïk lors du Rassemblement à Biarritz pour le Soutien aux Arméniens du Haut-Karabagh le 18 oct 2020

Merci à Araïk Mardirossian d’avoir si brillamment pris la parole lors du Rassemblement en Soutien aux Arméniens du Haut-Karabagh à Biarritz le 18 octobre 2020

© 2020 Vidéo : AgurArménie

Tous réunis autour de Ashxen et Liana

Prise de parole du député Vincent Bru le 18 oct 2020 à Biarritz

Merci au député Vincent Bru et au sénateur Max Brisson pour leur présence lors de ce Rassemblement en Soutien aux Arméniens du Haut-Karabagh le 18 octobre 2020 à Biarritz

Vincent Bru qui fait partie du Groupe Amitié France-Arménie de l’Assemblée Nationale, part en Arménie le samedi 24 octobre 2020 avec un groupe de 20 députés.

Cette délégation doit rencontrer le Président, le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Étrangères arméniens.

La guerre autour du Haut-Karabagh : la fin de la logique des blocs – Raymond Kévorkian – © armenews.com

« Nous payons aujourd’hui, au Haut-Karabagh et ailleurs, l’incapacité des vainqueurs de la Première Guerre mondiale à punir les criminels turcs auteurs du génocide des Arméniens »

« Une quelconque solidarité avec la Turquie revient à être complice d’un État criminel qui tente de finir le travail génocidaire »

La logique des blocs, héritée de la Guerre froide, continue de formater les esprits des élites politiques, militaires et économiques du monde occidental et, bien entendu, les médias. Le statut singulier de la Turquie au sein de l’OTAN pèse de tout son poids dans les esprits. Beaucoup ont observé une évolution de la politique intérieure et régionale de la Turquie qui les inquiète mais — à l’exception notable de la France d’Emmanuel Macron — n’en tirent pas les conséquences ou peinent à les accepter.

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Raymod H. Kevorkian, historien
par Ara Toranian le mercredi 7 octobre 2020
© armenews.com 2020