Histoire de l’Eglise Catholique Arménienne

L’Eglise arménienne catholique partage la même histoire et le même héritage spirituel que l’Eglise Arménienne Apostolique. Elle est le fruit de la réflexion d’une partie de ses fidèles qui ont voulu garder leur foi dans la tradition arménienne, mais qui ont souhaité être en communion avec Rome. (voir la présentation de l’Eglise Arménienne Apostolique pour l’histoire commune)

Les deux Eglises ont un même rite, les mêmes prières, les mêmes chants religieux. Les célébrations de la Divine Liturgie sont très proches.

L’Eglise Arménienne Catholique a un fonctionnement indépendant de l’Eglise Romaine/Latine, mais est attachée à la congrégation des Eglises Orientales.

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Le Synode de l’Eglise est autonome, c’est lui qui élit le Patriarche et  les évêques dans la zone patriarcale. Une reconnaissance de la nomination est faite par le Pape pour marquer la communion entre le nouvel évêque et le successeur de Pierre.  Pour la diaspora, le synode propose une liste de trois noms au Pape qui en choisit un et le nomme évêque.

Aujourd’hui, le siège patriarcal de l’Eglise se trouve au Liban au couvent de Bzommar (au-dessus d’Harissa), mais le Patriarche réside habituellement à Beyrouth dans le quartier de Geitawi.

Le chef de la communauté arménienne catholique porte le titre de « patriarche des Arméniens catholiques et catholicos de Cilicie ». Il porte traditionnellement le nom de Pierre.

Depuis le 25 juillet 2015, le Patriarche est sa Béatitude Krikor (Grégoire) Pierre XX Ghabroyan (ancien évêque des Arméniens Catholiques de France).

L’Eglise arménienne catholique est une branche qui s’est séparée de  l’Eglise Arménienne Apostolique. Une grande partie de son histoire commune avec son Eglise sœur. Elle partage la même histoire spirituelle, religieuse et humaine jusqu’au XVIIIe siècle.

Si les historiens s’entendent pour voir en l’archevêque d’Alep, Mgr Abraham Ardzivian le premier patriarche de l’Église Arménienne Catholique en 1740 (reconnu par le pape Benoît XIV en 1742), il existait des Arméniens Catholiques bien avant cette date.

Une fraction de l’Eglise Arménienne, dès le début, manifesta son attachement au Concile de Chalcédoine, restant ainsi unie à l’Eglise de Constantinople qui était en communion avec Rome jusqu’au schisme de 1054. Après pendant la période des croisades, des contacts ont été repris avec Rome. D’ailleurs les Catholicos Apostoliques de Cilicie furent en communion avec Rome entre le XIIe et le XVe siècle.

Ces fidèles étaient entre une Eglise Arménienne Apostolique qui ne voulait pas d’une reconnaissance du concile de Chalcédoine (et donc leur interdisait de prier dans ses églises), et une Eglise Catholique Latine qui voulait les latiniser (notamment par des missionnaires qui ne comprenaient pas leur particularité orientale). De plus, pour ceux qui habitaient dans l’empire Ottoman, ils subissaient  aussi une persécution par le pouvoir civil (d’où l’expulsion de l’abbé Mekhitar vers  Moré puis Venise – voir plus loin)

En 1740, Les Arméniens Catholiques sont présents, dans les territoires de l’Empire ottoman ( Constantinople, Alep, Mardin…), et en dehors de L’Empire Ottoman : Ispahan (Perse/Iran), Nakhitchévan, en Crimée, en Pologne, en Transylvanie (Roumanie aujourd’hui), en Italie. Ces Arméniens Catholiques étaient sous l’autorité de hiérarques et de missionnaires aux rites et de nationalités hétéroclites.

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Quelques dates :

1439 : Concile de Florence : Les émissaires du Grégoire IX Mousabegian, Catholicos de l’Église Apostolique Arménienne qui siège à Sis en Cilicie, acceptent l’Union avec l’Église romaine par le décret « Exsultate Deo » du 22 novembre 1439. Cette union ne dura qu’un temps bref.

1635 : passage de l’archidiocèse arménien de Lviv (alors dans la République des Deux Nations, aujourd’hui en Ukraine) dans la juridiction de Rome.

Fin du XVIIe siècle : passage des Arméniens de Transylvanie (alors sous domination des Habsbourg, aujourd’hui en Roumanie) dans la juridiction de Rome.

1700 : fondation de la congrégation des pères Mékhitaristes par l’abbé Mékhitar de Sébaste à Constantinople, puis transfert à Venise.

1740 : établissement du Patriarcat catholique arménien de Cilicie à l’initiative d’Apraham Ardzivian, par scission du Catholicossat arménien de Cilicie (et en 1830 : érection de l’archidiocèse Catholique Arménien de Constantinople).

Le Catholicisme Arménien existait avant la création d’une Eglise Arménienne Catholique constituée. L’initiative de Mgr Ardzivian consista à regrouper ces fidèles arméniens catholiques sous la houlette d’un seul pasteur.

Sa résidence patriarcale fut d’abord au Kreim, près de Harissa au Liban,  puis à Bzommar (sur la montage au-dessus d’Harissa) où son successeur bâtit un couvent et installa la première communauté ecclésiastique patriarcale. Ce monastère  fut par la suite un centre de rayonnement pour le Liban, la Cilicie, la Mésopotamie et l‘Egypte.

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Une communauté qui rassemble environ 5% du total du peuple arménien

Les Arméniens catholiques ont des diocèses dans les pays du Moyen Orient, en Europe et sur le continent américain.

Les estimations les plus réalistes s’accordent autour de 400.000 fidèles répartis en Arménie et en diaspora, avec un fort ancrage proche-oriental (Syrie-Liban). Soit 5% de l’ensemble des arméniens à travers le monde. En Arménie, les catholiques vivent principalement dans le Nord (à Gumri et des villages aux alentours).

Dans l’Église arménienne catholique, il y a deux congrégations masculines, l’Institut du clergé patriarcal de Bzommar (Liban) et les pères Mékhitaristes (Venise et Vienne), et une congrégation féminine : les Sœurs arméniennes de l’Immaculée Conception. Le clergé diocésain est célibataire ou marié.

Mékhitar de Sébaste (1676-1749), un jeune prêtre arménien converti au catholicisme milite activement en faveur d’un renouveau culturel arménien.  A cause des persécutions, il se réfugie en Occident, fonde une congrégation, installe ses disciples, les Mékhitaristes, dans l’île de San Lazzaro, à Venise. Avec son imprimerie, cet ordre reste, jusqu’à aujourd’hui, l’un des foyers les plus brillants de la langue, de la littérature et des études arméniennes. Ce rôle culturel des Arméniens catholiques explique en partie les bonnes relations entre catholiques et chrétiens apostoliques arméniens.

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Aujourd’hui :

L’Eglise Arménienne catholique qui compte environ fidèles 450 000 dans le monde.

En 1960, grâce aux efforts du cardinal Aghajanian (1895-1971), l’Église arménienne catholique s’est constituée en France en exarchat apostolique grâce aux efforts du pape Jean XXIII, et l’évêque Garabed Amadouni en a été le premier chef spirituel jusqu’en 1970. De 1970 à 1976, son successeur le père Nighayos Kéhiayan a assumé cette charge, puis en 1977, c’est Mgr Grégoire Ghabroyan (né à Alep en 1934) qui a été appelé du Liban. C’est sous sa juridiction que fut créée le 30 juin 1986 l’éparchie Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques, directement rattachée au Vatican et dont les locaux se situent dans le Ve arrondissement de la capitale française. Le 2 Février 2013, et sur proposition des Evêques de l’Eglise arménienne catholique, que Benoit XVI a nommé Monseigneur Hovhannès Teyrouziann Evêque de l’Eparchie de Sainte-Croix de Paris, en remplacement de Monseigneur Grégoire Ghabroyan, démissionnaire. Il a pris possession de sa charge d’évêque durant la Divine Liturgie qu’il a célébrée en rite arménien le dimanche 7 Avril 2013, en la Cathédrale arménienne catholique Sainte-Croix-de-Paris. sous la coprésidence de son Eminence le Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises Orientales et de son Eminence le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France.

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La communauté rassemble environ 30.000 fidèles, avec des paroisses à Paris (cathédrale Ste-Croix), Arnouville (95), Lyon (69), Marseille (13), Saint-Chamond (42) et Valence (26). Sans oublier l’ancien couvent des Pères mekhitaristes de Sèvres, devenu le collège Samuel-Moorat.

Chaque 24 Avril, une messe de requiem est célébrée par les Arméniens catholiques à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Divine Liturgie Catholique, mais aussi prière œcuménique qui rassemble autour de la mémoire des martyrs du Génocide de 1915, les Arméniens des trois Eglises : Catholique, Apostolique et Evangélique.

https://www.chretiensorientaux.eu/catholique-armenienne

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