La Promesse – ‘The Promise’, un rare film sur le génocide arménien – Mercredi 20 décembre 2023 à 20h55 sur ARTE

Mettant en vedette Oscar Isaac, Christian Bale et Charlotte Le Bon, ce film de Terry George, consacré au génocide des Arméniens de l’Empire ottoman, lors de la Première Guerre mondiale, a demandé près de deux ans de tournage, en plus d’avoir été scénarisé pendant une cinquantaine d’années.

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Charlotte Le Bon, Oscar Isaac et Christian Bale dans uns scène de The Promise. CNS photo/Open Road Films

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L’Arménie à l’épreuve des siècles

Annie et Jean-Pierre Mahé
Éditions Gallimard, collection « Découvertes »
(2005), 160 pages, 12,5 cm x 18 cm

Entre mer Noire et mer Caspienne, Caucase et Mésopotamie, le haut plateau arménien, dominé par le mont Ararat où se serait échouée l’arche de Noé, vit éclore l’une des plus importantes civilisations du Moyen-Orient.

À la fin du VIe siècle avant J.-C., les Arméniens y fondent un puissant royaume qui devient, en 301, le premier État officiellement chrétien. Située au carrefour des grands Empires perse, romain, byzantin, puis arabe, mongol, ottoman et russe, cette terre a toujours été âprement disputée.

Les brèves périodes d’indépendance de l’Arménie, entrecoupées de siècles de sujétion et d’occupation, lui ont toutefois permis de forger les armes d’une forte identité culturelle : une foi inébranlable, une écriture et une littérature exaltant la conscience nationale.

Victime en 1915 du premier génocide du XXe siècle, le peuple arménien a su préserver, tant dans la mère-patrie qu’en diaspora, cette culture millénaire dont Annie et Jean-Pierre Mahé retracent avec une brillante érudition les grands jalons.

Quand un chercheur expert de l’Arménie et son épouse acceptent de vulgariser leur savoir dans le cadre d’une collection exemplaire au plan éditorial, cela donne au lecteur un intense moment de bonheur

 « L’épreuve des siècles », le titre fait écho à ce vers de Tcharents, d’un poème que les auteurs citent dès l’entrée du livre :

« Où que je sois, je n’oublierai jamais notre chant de plainte endeuillé »

L’exil, le deuil et le chant : comme toujours dans cette collection « Découvertes », les images à l’entrée du livre vous immergent dans le sujet. C’est ici un mariage en 1910 en Anatolie, le catholicos Sahak II avec la communauté à Alep en 1925, de toutes jeunes filles sur une scène à Adana en 1901, une famille à Gardanne en 1930 devant son épicerie… Quelques pages, et vous pressentez les douleurs toujours actuelles de l’histoire.

Puis viennent cinq chapitres qui suivent les siècles, où le propos brillant se conjugue avec une riche iconographie, dans une relation étroite où l’interprétation des images fait un écho aux arguments de l’approche historique. Le territoire est d’abord planté, hommes et montagnes, et les cartes montrent cette Arménie historique, dix fois grande environ comme la république actuelle, et qui fera comparaison tout au long du livre. Premier état chrétien du monde, ballotté d’abord entre les Perses sassanides et les Romains, l’Arménie se forge une identité malgré tout, malgré les Seldjoukides, les Mongols, les Turcomans, malgré les déportations vers Ispahan, malgré l’oppression des Ottomans dès le XVIIe siècle (« En ville, négociants et artisans arméniens sont étroitement surveillés. Ils doivent s’habiller de bleu rayé de blanc, pour être immédiatement identifiés »). Puis, ce sont les Russes au XIXe siècle, l’Europe qui ne bronche pas quand on cherche à exterminer ce peuple au début du XXe siècle.

Mais sur l’autre versant des siècles, il y a une langue, une littérature à profusion exaltant l’arménité, des lieux, l’architecture, les manuscrits, l’intelligence du négoce et cette capacité à se recommencer partout dans le monde. Les visuels très judicieusement choisis montrent cela d’abord, et cela fait puissance comme le chant inextinguible.

L’Arménie va-t-elle disparaître ? Un conflit oublié aux portes de l’Europe

Frédéric Pons (Auteur)
Artege 2 Novembre 2023
Librairie Georges.com

Une nouvelle guerre menace l’Arménie, comme l’annoncent clairement les inquiétants projets géopolitiques de l’Azerbaïdjan et de la Turquie, comme le prouve aussi leur pression permanente sur l’enclave chrétienne bimillénaire du Haut-Karabakh.

La question n’est plus de savoir si cette guerre aura lieu, mais quand elle aura lieu.
Prise en tenaille entre l’Azerbaïdjan et la Turquie, lâchée par la Russie au jeu ambigu, l’Arménie est seule, livrée à elle-même, victime collatérale du conflit en Ukraine.
Les Arméniens se voient abandonnés à leur sort, comme le furent leurs ancêtres, lors du génocide perpétré par les Turcs en 1915, dans une indifférence quasi générale. Une catastrophe humanitaire sans précédent se prépare et, de nouveau, l’Occident regarde ailleurs, prêt au compromis avec l’Azerbaïdjan et la Turquie. Cette complaisance européenne ne fait qu’encourager leur implacable politique de puissance.

Grand reporter familier du Caucase et spécialiste des questions militaires, Frédéric Pons raconte avec force et clarté la situation dramatique de l’Arménie. Il rappelle comment le destin de ce petit pays – le plus vieil État chrétien du monde – concerne directement l’Europe et ses valeurs. Le soutien à l’Arménie est un défi civilisationnel à relever.

YouTube · Terra Bellum · 7 oct. 2023
YouTube · Le Figaro · 21 sept. 2023
YouTube · Public Sénat · 27 sept. 2023
TVLibertes en novembre 2023

Il y a 35 ans, le 7 décembre 1988 à 11h41, un terrible séisme frappait le nord de l’Arménie.

En ce jour de souvenir et de deuil, l’Ambassade de France en Arménie exprime sa solidarité au peuple arménien.
https://twitter.com/AmbaFR_Armenie/status/1732626753561006414

Une année 2024 « pour célébrer l’Arménie en France », annonce la ministre de la Culture Rima Abdul Malak

En déplacement à Erevan, la ministre française de la Culture a rencontré les autorités arméniennes pour discuter des modalités de la célébration de l’évènement en France.

franceinfo:Culture avec AFP
Publié le 27/10/2023 15:46

La statue de la Mère Arménie, située dans le parc de la victoire à Erevan, en Arménie, le 10 Novembre 2022 (BENJAMIN FURST / HANS LUCAS)

L’année 2024 sera « exceptionnelle pour l’Arménie en France, permettant de renforcer nos liens culturels », a déclaré à l’AFP la ministre de la Culture Rima Abdul Malak, en déplacement à Erevan. Parmi les événements célébrés en 2024, le centenaire de la naissance de Charles Aznavour. Décédé en 2018, le représentant le plus célèbre de la nombreuse communauté arménienne de France, est né à Paris le 22 mai 1924.

Missak Manouchian au Panthéon en février 2024

Lors du premier déplacement d’une ministre de la Culture française en Arménie, Rima Abdul Malak a discuté des célébrations avec son homologue Janna Andréassian jeudi 26 octobre et doit le faire le 27 octobre avec le Premier ministre Nikol Pachinian. Elle a également pu évoquer l’entrée au Panthéon, le 21 février, du résistant Missak Manouchian« L’annonce de sa panthéonisation a eu un énorme retentissement ici. C’est une figure très importante. Nous avons visité une petite exposition qui lui est consacrée à Erevan, où il y avait des scolaires, et pu voir combien la mémoire est transmise aux jeunes Arméniens », a expliqué la ministre de la Culture, jointe par téléphone depuis Paris.

L’année 2024 est aussi le centenaire du cinéaste Sergueï Paradjanov, « moins connu en France, mais qui a inspiré des générations d’artistes arméniens ». Dans la délégation ministérielle, la présidente du musée du Louvre, Laurence des Cars, est venue parler avec les musées arméniens de coopération en vue de l’ouverture au public, prévue vers 2027, d’un nouveau département, celui des Arts de Byzance et des Chrétientés en Orient.

Un département Arts de Byzance et des Chrétientés en Orient au Louvre

« Ce nouveau département sera lié à ceux des Antiquités romaines et des Arts de l’islam, avec des points de contact qui reflèteront la réalité historique et géographique de ces rencontres entre cultures. Et l’Arménie l’illustre très bien », a détaillé Laurence des Cars à l’AFP. La visite avait commencé dans la matinée du 26 octobre par un temps de recueillement au mémorial aux victimes du génocide arménien à Erevan. Elle se déroule alors que Nikol Pachinian a affirmé jeudi espérer un accord de paix avec l’Azerbaïdjan « dans les prochains mois », après la victoire militaire en septembre de Bakou contre les séparatistes arméniens du Haut-Karabakh.

L’auteur-compositeur français d’origine arménienne André Manoukian, également dans la délégation, interrogé par l’AFP, a salué « l’engagement du gouvernement français, essentiel par les temps qui courent, avec une vraie menace existentielle pour l’Arménie, et des Arméniens qui nous disent que plus les dirigeants étrangers viendront en Arménie, mieux ce sera, y compris pour leur sécurité ».

Collecte de vêtements pour les Arméniens déplacés du Haut-Karabagh (Artsakh) – 12 au 20 nov 2023

Collecte de vêtements et produits d’hygiène pour les Arméniens déplacés du Haut-karabagh (Artsakh)
A l’initiative d’Olia et Zoé au centre OLATU d’Anglet
avec l’aide logistique de l’association AgurArménie, Samuel, Lucie Pierre et les amis d’Olia et de Zoé
ainsi que du transporteur LATASTE pour le transport des 120 cartons (6 palettes) du Pays basque à Paris,

et l’association EliseCare pour l’envoi de Paris en Arménie début décembre.
Merci à tous les amis et donateurs qui ont participé.

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Jérusalem et les Arméniens, avec Claude Mutafian – France Culture 3/12/2023

Evocation ce matin en compagnie de son auteur, Claude Mutafian, d’un livre magistral paru aux éditions des Belles Lettres qui retrace la présence millénaire de la communauté arménienne de Jérusalem. Une sujet peu connu.

Cette présence arménienne à Jérusalem se manifeste tant par l’archéologie, l’épigraphie, les nombreux textes et illustrations, mais encore par une continuité humaine et géographique jusqu’à nos jours où quelques 2000 Arméniens vivent encore la vieille-ville dans un quartier qui représente un sixième de sa superficie.

Claude Mutafian est agrégé de mathématiques, mais encore historien, depuis les années 1980 où il explore sans relâche l’histoire des Arméniens au Proche-Orient avec particulièrement une exposition et des publications qui ont marqué les esprits sur le « royaume arménien de Cilicie ».

Claude MutafianJérusalem et les Arméniens : Jusqu’à la conquête ottomane (1516), (Les Belles Lettres)