Encerclée dans le Caucase, l’Arménie a-t-elle encore des soutiens ?

*Article de Factuel.media par PIERRE D’HERBÈS vendredi 9 février 2024 13:00

La bascule s’est opérée il y a quelques jours, au début du mois de février : Erevan largue les amarres et se détache de la Russie. Simultanément, Erevan s’active diplomatiquement vers l’Occident et notamment en France, mais aussi en direction de l’Inde, des Émirats Arabes Unis et de la Géorgie. Analyse.

Noël 2023 à Erevan en Arménie ALEXANDER PATRIN/TASS/SIPA USA/SIPA

Vendredi 2 février, un peu moins de trois mois après sa visite à Paris, Nikol Pashinian prononce une allocution qui défraye la chronique. Le Premier ministre arménien déclare que son pays se passera désormais du partenariat militaire privilégié qui l’unissait jusqu’ici à la Russie, et qu’il compte s’appuyer désormais sur la France et les États-Unis. Ce coup de tonnerre géopolitique avait été précédé l’avant-veille par l’entrée formelle d’Erevan à la Cour pénale internationale. Un événement tout sauf anodin, car désormais, en théorie du moins, l’Arménie serait maintenant contrainte de procéder à l’arrestation de Vladimir Poutine si jamais il se présentait sur son territoire. En se retournant contre Moscou, et en projetant sa diplomatie au plus loin, Erevan travaille à sa survie, mais intègre aussi de nouveaux paramètres géopolitiques dans une région déjà explosive.

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L’Arménie et le Kurdistan suite au Traité de Sèvres en 1920

On peut comprendre combien les Kurdes et les Arméniens regrettent le Traité de Sèvres de 1920 qui a été malencontreusement aboli deux ans plus tard avec l’aval des pays occidentaux.

Les Kurdes avaient enfin un État le Kurdistan au Nord de la Syrie et de l’Irak sur leurs terres ancestrales.
Les articles 62 à 64 du traité prévoient la création d’un « territoire autonome des Kurdes » englobant le sud-est de l’Anatolie.

L’Arménie retrouvait son territoire la Grande Arménie avec un accès à la Mer Noir par Trébizonde.
Selon les articles 88 à 94, les vilayets de Van, Bitlis, Trébizonde et Erzurum doivent être intégrés à la République indépendante d’Arménie, la détermination de la frontière étant soumise à l’arbitrage du président américain Woodrow Wilson, selon ses « 14 points »

La France occupe alors la Syrie (avec une frontière bien au nord de l’actuelle) et se voit confier une zone d’influence comprenant la Cilicie avec Adana, et s’étendant jusqu’au nord, bien au-delà de Sivas. (Wikipédia)

Le traité de Sèvres, conclu le 10 août 1920 à la suite de la Première Guerre mondiale entre les Alliés victorieux et l’Empire ottoman, sera signé et respecté par le sultan Mehmed VI.

Par celui-ci, l’Empire ottoman renonçait officiellement et définitivement à ses provinces arabes et africaines. À l’est, l’indépendance d’une grande Arménie était reconnue et une province autonome kurde créée.

L’Empire ottoman est alors tiraillé entre deux gouvernements concurrents : celui du sultan à Constantinople et celui de Mustafa Kemal qui a pris la tête d’un gouvernement émanant d’une Grande Assemblée nationale créée à Ankara le 23 avril 1920.
Mustafa Kemal ne reconnaît pas la validité traité de Sèvres qui minore drastiquement l’assiette territoriale de l’Empire. Ce traité n’est donc jamais ratifié par l’ensemble de ses signataires et, provoquant en Turquie un sursaut nationaliste autour de Mustafa Kemal, aboutit à la chute de l’Empire ottoman, à la proclamation de la République de Turquie, à une guerre victorieuse contre la Grèce et à la négociation d’un second traité plus avantageux pour la Turquie : le traité de Lausanne signé en 1923.

Quant à Google Maps il ne fait pas figurer en 2022 le Haut-Karabagh