« J’avais l’impression d’y être déjà allé des centaines de fois » : Dimitri Yachvili raconte son lien avec la Géorgie

Sud Ouest
Recueilli par Arnaud David
Publié le 13/11/2021 à 18h24

L’ancien demi de mêlée international, commentateur des matches du XV de France sur France Télévisions, évoque sa relation forte à la Géorgie, le pays de son grand-père paternel

« J’avais l’impression d’y être déjà allé des centaines de fois » : Dimitri Yachvili raconte son lien avec la Géorgie
Dimitri Yachvili. © Crédit photo : Jean-Daniel Chopin

Ce France – Géorgie doit avoir une résonance particulière pour vous ?

Vu le nom que je porte, bien sûr. Il y a du sang géorgien qui coule en moi. Et puis, il n’y en a eu qu’un seul dans l’histoire.

Racontez-nous votre lien avec la Géorgie ?

Mon grand-père paternel est arrivé en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Il avait combattu à Stalingrad. Il s’était échappé d’un camp de concentration allemand. Il avait traversé l’Europe. Il s’est retrouvé dans un maquis en Corrèze à lutter contre les Allemands. Il a rencontré ma grand-mère et s’est installé à Tulle.

Vous avez peu connu ce grand-père, est-ce que votre père Michel vous a transmis une forme d’héritage culturel ?

Mon grand-père est mort en 1985 quand j’avais cinq ans. J’ai donc peu de souvenirs. Quand j’étais enfant, on n’en parlait pas souvent. Mais on allait au cimetière. Je crois qu’on essayait de nous préserver des choses lourdes que ce grand-père avait vécues mais j’ai toujours baigné dans la culture géorgienne et arménienne du côté de ma mère puisque mon autre grand-père était arménien. Avec l’âge, avec mes deux frères, on a essayé d’approfondir ce lien et l’on est parti il y a trois ans faire un road trip en Géorgie et en Arménie.

Quel souvenir en gardez-vous ?

On a traversé le pays. On est allé voir la maison où est né mon grand-père, au pied des montagnes du Caucase au nord de la Géorgie. J’avais l’impression d’y être déjà allé des centaines de fois. Je ne me suis pas senti étranger. La culture ressemble beaucoup à celle de nombreuses régions françaises, notamment celle du Pays basque. Il y a les montagnes, le chant, la gastronomie, la religion, l’importance donnée à la famille, le côté fraternel. Et puis, il y a des choses qui ne s’expliquent pas : des odeurs, un ressenti. Parfois, c’est étrange, vous arrivez dans un endroit et vous avez comme des flash-back. C’était comme si j’y avais déjà vécu.

Votre frère Grégoire a joué pour la Géorgie lors de la Coupe du monde 2003. Que vous en a-t-il raconté ?

On s’était retrouvé près de Sydney. Lui était basé à Manly et nous, avec l’équipe de France, à Bondi Beach. Mes parents étaient venus nous voir. Il m’avait parlé justement de la manière dont il avait été accueilli, du côté fraternel. De l’ambiance un peu différente, de la religion, du respect, de l’entraide, de la force. C’est un pays de lutteurs. Ils sont forts en judo, dans les sports de combat. C’est un peuple de résistants, placé entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie.

Vous auriez aimé jouer avec la France contre la Géorgie ?

J’aurais bien aimé en 2007 notamment. Mais je n’ai pas été sélectionné pour la Coupe du monde. Cela aurait été un petit signe du destin.

Portez-vous un regard attentif aux résultats de la Géorgie, aux joueurs qui évoluent en Top 14 ?

Oui, bien sûr. Il y a quelques années, je suivais Gorgadze, Zirakashivili, Chilachava. Ceux qui étaient titulaires en Top 14. Aujourd’hui, il y en a beaucoup plus. Mais je regarde les résultats de la Géorgie dans le Tournoi des Six-Nations B. Et si je peux, je regarde les matches.

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