L’Arménie au carrefour des empires

L’Arménie, îlot chrétien en région musulmane, est au croisement stratégique des routes commerciales, mais aussi des voies d’invasions. Conflits régionaux, diasporas, horreur d’un génocide, cette histoire mouvementée construit une forte identité.
France Culture novembre 2020

À propos de la série

L’Arménie, îlot chrétien en région musulmane, est au croisement stratégique des routes commerciales, mais aussi des voies d’invasions. Conflits régionaux, diasporas, horreur d’un génocide, cette histoire mouvementée construit une forte identité.

Provenant de l’émission

Le Cours de l’histoire, Du lundi au vendredi de 9h à 10h sur France Culture

Comprendre le génocide des Arméniens : de 1915 à 2015

En 2015 avait lieu le 100e anniversaire du génocide des Arméniens. Durant la première guerre mondiale, plus d’un million d’Arméniens ont été exterminés en raison d’une politique génocidaire instaurée et perpétrée par les autorités en place dans l’Empire…
France Culture avril 2015

À propos de la série

En 2015 avait lieu le 100e anniversaire du génocide des Arméniens. Durant la première guerre mondiale, plus d’un million d’Arméniens ont été exterminés en raison d’une politique génocidaire instaurée et perpétrée par les autorités en place dans l’Empire ottoman. Retour en quatre émissions sur ce drame considéré comme l’un des premiers génocides du XXe siècle.

Provenant de l’émission

La Fabrique de l’Histoire, du lundi au vendredi de 9h00 à 10h00 sur France Culture

L’Arménie, pays persécuté que tout le monde ou presque ignore

Provenant du podcast « En toute subjectivité »
France Inter mardi 17 janvier 2023

Le sort de l’Arménie par Guillaume Roquette, le directeur de la rédaction du Figaro Magazine.

Je voudrais vous parler d’un pays partiellement occupé par son puissant voisin, au mépris de toutes les règles du droit international. Un pays agressé par l’armée d’un dictateur qui n’a jamais accepté les frontières nées de la désintégration de l’URSS. Un pays dont des bâtiments civils ont été détruits, pilonnés par des drones meurtriers. Un pays à qui on a volé des territoires, et qui se bat courageusement pour conserver les autres.

Ce pays, ce n’est pas l’Ukraine mais l’Arménie

Un petit pays de trois millions d’habitants, au sud du Caucase, dont l’Azerbaïdjan voisin veut prendre le contrôle. La guerre entre ces deux nations dure depuis deux ans dans une indifférence quasi générale, qui contraste douloureusement avec la mobilisation mondiale dont bénéficie l’Ukraine.

Comment expliquer cette différence de traitement de la part des Occidentaux ?

Il y a plusieurs raisons à ce deux poids deux mesures. D’abord l’Arménie est en Asie, plus loin des préoccupations des Français, sauf bien sûr de ceux qui sont d’origine arménienne et dont les familles sont souvent arrivées chez nous après le génocide perpétré par les turcs en 1915, qui fit plus d’un million de victimes. Mais il y a d’autres raisons, moins avouables, à cette coupable indifférence. Le pays agresseur, l’Azerbaïdjan, regorge de gaz. Et l’Europe en a besoin pour remplacer celui que nous ne voulons plus acheter aux Russes. Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a fait le voyage à Bakou pour doubler les importations de gaz en provenance d’Azerbaïdjan, qu’elle a osé qualifier de « pays fiable ».

Et puis, les Arméniens sont des chrétiens

Ils le sont même depuis 17 siècles, ce qui fait d’eux la plus ancienne nation chrétienne du monde. Autour d’eux 100 millions de musulmans, azéris, iraniens et surtout turcs, ne les portent pas dans leur cœur et c’est un euphémisme. Les pays de l’Ouest renâclent peut-être à soutenir l’Arménie de peur d’être accusés d’être des « nouveaux croisés », selon l’expression du président turc Erdogan, soutien inconditionnel de l’Azerbaïdjan.

Enfin, comble de malchance, le seul véritable allié de l’Arménie, la Russie, son protecteur historique, est aujourd’hui au banc des nations, et n’est plus en mesure de la défendre.

À réécouterLes évènements d’Arménie et la diaspora

L’Arménie, cette courageuse petite démocratie, se retrouve donc terriblement seule. Et se demande bien pourquoi les opinions publiques occidentales, bouleversées à juste titre par le drame ukrainien, sont si peu préoccupées de son sort. Nous devrions pourtant soutenir Erevan comme nous soutenons Kiev. Ou alors, c’est que nos valeurs ne sont pas si universelles que cela.

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