Proposition de résolution. Article 34-1 de la Constitution. Nécessité de reconnaître la République du Haut-Karabagh
M. Bruno RETAILLEAU (Les Républicains), coauteur de la proposition de résolution
« Le Sénat s’honore à demander la reconnaissance de la République du Haut Karabagh. » Max Brisson
Résolution #HautKarabakh. @BrunoRetailleau: Parce qu’elle a une longue tradition d’amitié avec l’Arménie, la France ne peut tourner le regard. Sur la carte du monde, l’Arménie a une place singulière.Le Sénat s’honore à demander la reconnaissance de la République du Haut Karabagh. pic.twitter.com/rwnYT4Ztcr
En plus des drones qui ont changé la nature du conflit, les Arméniens ont affronté une coalition pilotée par la « deuxième armée » de l’Otan, celle de la Turquie, avec les troupes et les forces spéciales azerbaïdjanaises, les mercenaires djihadistes à la solde d’Erdogan, la technologie israélienne et canadienne (celle des drones kamikazes). Une guerre sophistiquée et extrêmement coûteuse à laquelle ils n’étaient pas préparés. Une guerre barbare dans laquelle les Azéris mutilent les corps et égorgent même les cadavres. Et le monde entier les a laissés tomber.
Un prêtre-héros nommé Hovhanes Ghazaryan
Le monastère de Dadivank est un lieu sacré de l’Artsakh. Il fut bâti entre le IXe et le XIIIe siècle sur la tombe de Saint Thaddée qui évangélisa l’est de l’Arménie au Ier siècle. Son curé n’est pas un prêtre, c’est un héros. Hovhanes Ghazaryan a juré, quand les combats faisaient encore rage, qu’il ne quitterait jamais son monastère. Il a le corps puissant, la voix qui tonne. Victor Hugo en aurait fait un personnage de roman. Sur la façade de son église, il nous montre les khatchkars, croix taillées et ciselées dans la pierre, symboles du christianisme arménien. « Comment les Turcs peuvent-ils dire que cette terre est la leur ? Notre présence est inscrite dans la pierre depuis des siècles ».
Un char de la mission de la paix russe dans l’enceinte du monastère de Dadivank. Lundi 16 novembre.
Quand les Arméniens se hâtent de célébrer les vivants
Ici le sacré est évident et inexplicable. On y mêle indifféremment la religion, la tradition, la coutume, les grands hommes, les figures héroïques, la musique, la cuisine, les festins interminables, l’alcool. Et bien sûr les toasts : la mort surgit si vite qu’il faut se hâter de célébrer les vivants.
Sylvain Tesson, écrivain, auteur de « L’énergie vagabonde » (Robert Laffont, collection Bouquins) et « Un été avec Homère » (tiré de son émission d’été à France Inter) revient d’un reportage au Haut-Karabakh où un conflit oppose l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, face à l’Arménie.
« Mon coeur me porte vers l’Arménie », explique l’écrivain Sylvain Tesson, invité d’Inter mercredi matin. Il revient du Nagorny Karabakh et son reportage doit paraître dans le Figaro Magazine ces prochains jours, assorti d’une tribune signée par 120 personnalités. « Mon coeur me porte vers l’Arménie, pour des raisons qui tiennent à mes affections culturelles, spirituelles, intérieures », poursuit-il. « La France avait un lien d’amitié profonde avec l’Arménie – cette relation n’est pas complètement morte mais elle est en hibernation – et j’y suis parti pour apporter la preuve que nous ne les oublions pas totalement. »
« Il ne s’agit pas d’une guerre de territoire. »
« J’ai vu un peuple mobilisé, un peuple en larme. Des femmes, des hommes, des vieillards qui reprennent des vieux fusils employé en 1994 », raconte l’écrivain. « Ça m’a ému, de voir ce peuple, pour qui il ne s’agit pas d’une guerre de territoires, de défendre un potager. Ce qu’ils défendaient, c’était leur vie sur terre. Ce peuple là a encore le souvenir du Génocide de 1915, orchestré par le voisin turque qui a essayé de les rayer de la carte. Ils savent que se jouer là n’est pas un conflit territorial, mais c’est essayer de ne pas disparaître de la surface de la Terre. »
À propos de ce conflit, Sylvain Tesson regrette le « silence assourdissant qui a régné de la part de l’Europe qui n’a même pas daigné considérer qu’il y avait eu des manquements profonds aux droits de l’Homme et aux Conventions ». « Le président Macron a réagi en pointant le fait que c’était une agression azérie et turque. (…) Et l’exécutif français a également signalé l’emploi de mercenaires djihadistes dépêchés par la Turquie contre les Arméniens. »
« L’Azerbaïdjan est le possesseur du Haut-Karabakh, ça été décidé par Staline, en 1923. C’est leur argument d’ailleurs. Mais je pense que quelque chose est supérieur au droit international et au droit stalinien : c’est l’Histoire, ses préséances, ça s’appelle le passé. » Sylvain Tesson poursuit : « Je considère qu’on ne peut pas appeler ‘droit international’ les dissections cartographiques de Staline. »
« L’Arménie, c’est un royaume chrétien, le premier du monde, même. »
« Malheureusement, la France, qui n’a plus tellement de roman, de récit, de grande idée à offrir à sa société a trouvé la laïcité. Mais quand cela devient l’oubli absolu de son origine et de ses racines, c’est tout à fait terrible. Or la France fût un royaume chrétien et on ne peut rien comprendre à son histoire, son architecture, son art, ses paysages et même sa démocratie si l’on fait l’économie de penser que nous avons été Chrétiens. Et pour cette raison là, nous avons un peu négligé ce qu’il s’est passé là bas. On prend ça pour des confins, le début de l’Orient. Mais non, c’est une échauguette de l’Occident qui fut chrétien et qui est en train de tomber et cela contribue à notre silence », poursuit l’écrivain.
À l’invitation du président de la République Emmanuel Macron, une réunion s’est tenue le jeudi 12 novembre à l’Élysée avec la participation du Fonds Arménien de France, représenté par son président Bédros Terzian, de l’ UGAB, représentée par sa présidente Nadia Gortzounian et sa directrice générale Anouch Dzagoyan, ainsi que la Fondation Aznavour, représentée par Nicolas et Kristina Aznavour. Étaient également présents André Manoukian, Youri Djorkaeff et Me Stéphane Hasbanian. L’ambassadeur de France en Arménie, Jonathan Lacôte, a également participé aux discussions par vidéo conférence.
Le Fonds Arménien de France s’est engagé à mettre l’accent sur l’aide au retour des familles dans leurs maisons et à monter un programme d’action qui puisse entrer en vigueur dès que les conditions de ce retour seront réunies, tout en apportant une assistance aux personnes déplacées.
Si l’Azerbaïdjan continue de saccager les vestiges chrétiens au Karabakh comme elle l’a fait par le passé, ce qui reste du patrimoine immémorial arménien risque de disparaître. Reportage de notre envoyée spéciale en Arménie, Sara Daniel.
C’est un monastère de pierre pris dans la gangue de la forêt du Haut-Karabakh, rouge l’automne, verte l’été. Une merveille de pierre construite entre le IXe et le XIIIe siècle, à 1 100 mètres d’altitude. Le jardin du monastère s’étendait autrefois jusqu’à la rivière Tatare. Il est aujourd’hui grignoté par les bois. La finesse de ses sculptures, la richesse de ses inscriptions en arménien ancien qui couvrent les murs extérieurs en font l’un des monuments artistiques les plus remarquables de l’époque médiévale. Le monastère a été fondé par saint Dadi, un disciple de l’apôtre Thaddée qui a répandu le christianisme en Arménie orientale au cours du premier siècle de notre ère. En juillet 2007, la tombe de saint Dadi a été découverte sous l’autel de l’église principale.
Une famille regarde sa maison qu’elle vient de mettre en feu avant de la quitter, Dadivank, Haut-Karabakh, le 12 novembre. LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »
Comme un symbole de ce revers humiliant, des Arméniens ont préféré brûler leur maison plutôt que de la voir tomber aux mains des forces azerbaïdjanaises, à la veille de leur arrivée prévue dans certaines zones.
Un journaliste de l’Agence France-Presse a vu des habitants incendier leur demeure samedi matin dans le village de Charektar, dans la zone frontalière avec le Haut-Karabakh dont les troupes azerbaïdjanaises doivent prendre le contrôle dimanche.
L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont signé en début de semaine, sous parrainage russe, un accord de cessez-le-feu mettant fin au conflit. Ce texte consacre les gains de territoires importants obtenus par l’Azerbaïdjan et prévoit la rétrocession à Bakou de territoires supplémentaires.
Avec près de 70 000 Artsakhiotes ayant fui les zones de combats pour se réfugier en Arménie, dans le dénuement le plus total, on assiste à l’une des plus graves crises humanitaires de ces dernières années. Ils sont accueillis tant bien que mal par les autorités et les organisations caritatives locales, submergées par cet afflux de migrants, cherchant refuge dans un pays qui est, par ailleurs, sévèrement frappé par la pandémie du Covid 19.
Christian Makarian Journaliste et Chroniqueur TV Guillaume Perrier journaliste et spécialiste de la Turquie Harout Mardirossian
Revue des Deux Mondes –Dans votre « Bloc-Notes » du Point paru jeudi 29 octobre, vous appelez l’Europe à venir au secours de l’Arménie. Que peut faire l’Europe concrètement alors qu’elle est incapable de parler d’une même voix en politique étrangère (on l’a vu récemment sur l’expansionnisme turc en mer Méditerranée face à la Grèce où Emmanuel Macron était bien seul) ? Comment peut-elle faire pression sur l’Azerbaïdjan et la Turquie ?
Bernard-Henri Lévy Je ne sais pas. Mais elle peut, en tout cas, dire le droit. Dire, aussi, où est son âme et où sont ses principes. L’Europe s’est bâtie, je le rappelle, sur le « plus jamais ça » du crime contre l’humanité et du génocide. Or le peuple arménien est le premier, il y a un siècle, à avoir vécu dans sa chair le crime contre l’humanité et génocide. Donc, il n’y a pas à barguigner. Il n’y a pas à discuter. L’Europe, sauf à être infidèle à ses fondations et à elle-même, doit se ranger aux côtés des Arméniens. C’est comme ça.
L’ancien maire de Cambo se trouvait en ce début de semaine à Erevan avec une délégation de parlementaires pour témoigner de leur profond soutien à l’Artsakh (Haut-Karabagh). Vincent Bru et ses collègues ont ainsi rencontré dans la capitale arménienne l’ambassadeur de France Jonathan Lacôte qui leur a présenté un point de situation au Haut-Karabagh.
Ils se sont également recueillis au Mémorial du Génocide arménien avant de rencontrer le Premier Ministre arménien Nikol Pashinyan qui a souligné le rôle de la Turquie dans le conflit et sa volonté expansionniste dans la région. Il demande un cessez-le-feu contrôlé par la communauté internationale.
Les élèves de l’école de Charentsavan (que Planète École soutient) avec de jeunes réfugiés du Haut Karabakh, au travail. Ils fabriquent du matériel pour la guerre, des filets de camouflage !!! Quelle tristesse.
Le ministre des Affaires étrangères de l’Artsakh, Masis Mayilyan, a accueilli lundi une délégation de 15 parlementaires français, qui sont à Stepanakert pour prendre connaissance de l’agression de l’Azerbaïdjan contre l’Artsakh.
Parmi les 15 parlementaires, la présence du député des Pyrénées Atlantiques Vincent BRU
Dans ses propos, Mayilyan a exprimé la gratitude de l’Artsakh aux législateurs pour leur solidarité avec la République de l’Artsakh, qui a été soumise à une agression armée par l’Azerbaïdjan avec l’implication directe de la Turquie et des terroristes internationaux du Moyen-Orient déployés par la Turquie dans la zone de conflit. Le ministre des Affaires étrangères de l’Artsakh a également salué les efforts du président français Emanuel Macron pour négocier un accord de cessez-le-feu et rétablir la paix et la stabilité dans la région.
Merci à Liana pour sa prise de parole en langue arménienne lors du Rassemblement à Biarritz pour le Soutien au peuple Arménie du Haut-Karabagh le 18 oct 2020
The New York Times – 21 octobre 2020 By Anton Troianovski Photographs by Sergey Ponomarev
STEPANAKERT, Nagorno-Karabakh — On the front line, the stench is overwhelming. The remains of fighters have been lying there for weeks.
In the trenches, there is fear. The Armenians are defenseless against the Azerbaijani drones that hover overhead and kill at will.
At the military graveyard, bulldozers have scraped away a hillside. It is already lined with two rows of new graves, along with soon-to-be-filled, freshly dug, rectangular holes.
The three-week-old conflict between Azerbaijan and Armenia over a disputed territory in the Caucasus Mountains, where Europe meets Asia, has settled into a brutal war of attrition, soldiers and civilians said in interviews here on the ground in recent days.
Azerbaijan is sacrificing columns of fighters, Armenians say, to eke out small territorial gains in the treacherous terrain of Nagorno-Karabakh, an ethnic Armenian enclave that is part of Azerbaijan under international law.
Civilians who have stayed behind live in their damp and unheated basements, converted in recent weeks with makeshift kitchens, and where some sleep on flattened cardboard boxes. The shelling and missile barrages into the towns in Nagorno-Karabakh and Azerbaijan have killed dozens of civilians and hundreds of soldiers and have filled the nights with terrifying flashes and booms.
Reportage de « France3 Euskal Herri Pays Basque » sur le Rassemblement en soutien aux Arméniens du Karabagh du 20/10/2020 au monument aux morts de Biarritz
Proposition de résolution sur la reconnaissance de la République d’Artsakh déposée à l’Assemblée Nationale par le député Vincent Bru Voir la proposition
Le traitement éditorial du conflit du Haut-Karabagh suscite l’intérêt des auditeurs. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet reçoit Arnaud Bousquet, directeur de la rédaction de France Culture dans le rendez-vous de la médiatrice.
Emmanuelle Daviet : « Comment les journalistes peuvent-ils parler d’armée séparatiste en parlant de l’Armée nationale d’Arménie et celle de la République du Haut Karabagh. Cette notion de « séparatisme » me semble reléguer le combat des arméniens du Haut-Karabagh à un caprice de provinciaux gâtés, et l’utilisation systématique du terme « séparatisme » sur France Culture me semble correspondre à un discours politiquement correct ne voulant fâcher personne mais n’expliquant rien aux auditeurs. » Que peut-on répondre à cet auditeur ?
Les agences de presse occidentales évoquent en général un « séparatisme arménien » quand ils couvrent le conflit au Nagorny Karabakh. Une aberration historique et sémantique, qui rend floues les responsabilités dans le conflit ainsi que son réel enjeu.
Benoit Lannoo, historien et consultant en relations inter-religieuses
Même quand La Libre Belgique – bien informée cependant par son excellent collaborateur-spécialiste des chrétiens d’Orient – reprend une dépêche des agences de presse sur le conflit au Nagorny Karabakh, il est question de « forces arméniennes séparatistes » (LLB du 12 octobre). Du point de vue du droit international, cette allégation peut être défendue, mais d’un point du vue historique et sémantique, elle est totalement aberrante.
Le Haut-Karabagh est une région historique arménienne ; à un moment de l’histoire arménienne, elle était même la seule à être restée libre et autonome.
Imaginez-vous qu’on dise des Palestiniens qui se battent pour leur propre État qu’ils sont des « séparatistes » en Cisjordanie, territoire qui appartiendrait à l’État d’Israël ; seuls les partisans de l’annexionisme du gouvernement de Benjamin Netanyahu oseraient s’exprimer dans ces termes. Qui dirait du Taïwan qu’il s’agit d’une « province rebelle de la Chine », sauf le régime communiste à Beijing ? Ces exemples ne sont pas anodins et ils démontrent combien il est important de voir les événements dans leur contexte historique, même si le passé semble parfois dévolu.
La région que les arméniens appellent « Artsakh« appartenait déjà au Royaume d’Arménie avant notre ère. De surplus, ce royaume était, dès la conversion de Roi Tiridate IV sous l’inspiration de Grégoire l’Illuminateur en 301, la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État. L’Empire romain n’a suivi qu’une décennie plus tard, avec l’Édit de Milan promulgué par l’Empereur Constantin le Grand ; et le christianisme y devenue religion d’État qu’en 392, sous l’Empereur Théodose. Entretemps, la Perse sassanide avait envahi l’Arménie ainsi que la Géorgie, également déjà chrétienne.
The New York Times – 15 octobre 2020 By Garo Paylan member of the Turkish Parliament
Demonstrators in Istanbul this month showed support for Azerbaijan, which the Turkish government backs in the country’s conflict with Armenia.Credit…Emrah Gurel/Associated Press
ISTANBUL — A procession of cars filled with men waving the flag of Azerbaijan, honking and whistling drove through the Kumkapi area in Istanbul, which is home to the Armenian Patriarchate of Istanbul and many Armenian families. The car rally, on Sept. 28, was a provocation, a threat that filled my community, the tiny Armenian community — 60,000 out of 83 million — in Turkey with fear.
Les jeudi 15 octobre et samedi 17 octobre 2020, notre association AgurArménie a eu le plaisir de recevoir pour deux conférences à Biarritz, Mme Paulette Houbouyan-Coutant, Docteur en Histoire, très engagée dans la coopération scolaire entre la France et l’Arménie
Pour voir et/ou télécharger le CR des conférences cliquer sur : Compte-rendu des conférences Conférence UTL Biarritz : « Les Arméniennes de l’Empire Ottoman à l’école de la France (1840-1915) » Conférence Médiathèque : « Une éducation féminine à la « française » au tournant des XIXe et XXe siècles dans l’Empire ottoman : une passion arménienne »
L’association AgurArménie, qui rassemble au Pays basque et dans les Landes des personnes proches de l’Arménie par le cœur ou l’origine, se mobilise dans le conflit qui touche le Haut Karabagh.
Un rassemblement est organisé ce dimanche 18 octobre à 11 heures devant le monument aux morts de Biarritz en présence des parlementaires, Vincent Bru et Max Brisson. Il s’agit de demander l’aide de la France et de l’Union européenne afin que cessent les bombardements meurtriers de l’Azerbaïdjan et de la Turquie sur le Haut-Karabagh alors qu’un cessez le feu a été négocié.