L’ancien maire de Cambo se trouvait en ce début de semaine à Erevan avec une délégation de parlementaires pour témoigner de leur profond soutien à l’Artsakh (Haut-Karabagh). Vincent Bru et ses collègues ont ainsi rencontré dans la capitale arménienne l’ambassadeur de France Jonathan Lacôte qui leur a présenté un point de situation au Haut-Karabagh.
Ils se sont également recueillis au Mémorial du Génocide arménien avant de rencontrer le Premier Ministre arménien Nikol Pashinyan qui a souligné le rôle de la Turquie dans le conflit et sa volonté expansionniste dans la région. Il demande un cessez-le-feu contrôlé par la communauté internationale.
Les élèves de l’école de Charentsavan (que Planète École soutient) avec de jeunes réfugiés du Haut Karabakh, au travail. Ils fabriquent du matériel pour la guerre, des filets de camouflage !!! Quelle tristesse.
Le ministre des Affaires étrangères de l’Artsakh, Masis Mayilyan, a accueilli lundi une délégation de 15 parlementaires français, qui sont à Stepanakert pour prendre connaissance de l’agression de l’Azerbaïdjan contre l’Artsakh.
Parmi les 15 parlementaires, la présence du député des Pyrénées Atlantiques Vincent BRU
Dans ses propos, Mayilyan a exprimé la gratitude de l’Artsakh aux législateurs pour leur solidarité avec la République de l’Artsakh, qui a été soumise à une agression armée par l’Azerbaïdjan avec l’implication directe de la Turquie et des terroristes internationaux du Moyen-Orient déployés par la Turquie dans la zone de conflit. Le ministre des Affaires étrangères de l’Artsakh a également salué les efforts du président français Emanuel Macron pour négocier un accord de cessez-le-feu et rétablir la paix et la stabilité dans la région.
Merci à Liana pour sa prise de parole en langue arménienne lors du Rassemblement à Biarritz pour le Soutien au peuple Arménie du Haut-Karabagh le 18 oct 2020
The New York Times – 21 octobre 2020 By Anton Troianovski Photographs by Sergey Ponomarev
STEPANAKERT, Nagorno-Karabakh — On the front line, the stench is overwhelming. The remains of fighters have been lying there for weeks.
In the trenches, there is fear. The Armenians are defenseless against the Azerbaijani drones that hover overhead and kill at will.
At the military graveyard, bulldozers have scraped away a hillside. It is already lined with two rows of new graves, along with soon-to-be-filled, freshly dug, rectangular holes.
The three-week-old conflict between Azerbaijan and Armenia over a disputed territory in the Caucasus Mountains, where Europe meets Asia, has settled into a brutal war of attrition, soldiers and civilians said in interviews here on the ground in recent days.
Azerbaijan is sacrificing columns of fighters, Armenians say, to eke out small territorial gains in the treacherous terrain of Nagorno-Karabakh, an ethnic Armenian enclave that is part of Azerbaijan under international law.
Civilians who have stayed behind live in their damp and unheated basements, converted in recent weeks with makeshift kitchens, and where some sleep on flattened cardboard boxes. The shelling and missile barrages into the towns in Nagorno-Karabakh and Azerbaijan have killed dozens of civilians and hundreds of soldiers and have filled the nights with terrifying flashes and booms.
Reportage de « France3 Euskal Herri Pays Basque » sur le Rassemblement en soutien aux Arméniens du Karabagh du 20/10/2020 au monument aux morts de Biarritz
Proposition de résolution sur la reconnaissance de la République d’Artsakh déposée à l’Assemblée Nationale par le député Vincent Bru Voir la proposition
Le traitement éditorial du conflit du Haut-Karabagh suscite l’intérêt des auditeurs. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet reçoit Arnaud Bousquet, directeur de la rédaction de France Culture dans le rendez-vous de la médiatrice.
Emmanuelle Daviet : « Comment les journalistes peuvent-ils parler d’armée séparatiste en parlant de l’Armée nationale d’Arménie et celle de la République du Haut Karabagh. Cette notion de « séparatisme » me semble reléguer le combat des arméniens du Haut-Karabagh à un caprice de provinciaux gâtés, et l’utilisation systématique du terme « séparatisme » sur France Culture me semble correspondre à un discours politiquement correct ne voulant fâcher personne mais n’expliquant rien aux auditeurs. » Que peut-on répondre à cet auditeur ?
Les agences de presse occidentales évoquent en général un « séparatisme arménien » quand ils couvrent le conflit au Nagorny Karabakh. Une aberration historique et sémantique, qui rend floues les responsabilités dans le conflit ainsi que son réel enjeu.
Benoit Lannoo, historien et consultant en relations inter-religieuses
Même quand La Libre Belgique – bien informée cependant par son excellent collaborateur-spécialiste des chrétiens d’Orient – reprend une dépêche des agences de presse sur le conflit au Nagorny Karabakh, il est question de « forces arméniennes séparatistes » (LLB du 12 octobre). Du point de vue du droit international, cette allégation peut être défendue, mais d’un point du vue historique et sémantique, elle est totalement aberrante.
Le Haut-Karabagh est une région historique arménienne ; à un moment de l’histoire arménienne, elle était même la seule à être restée libre et autonome.
Imaginez-vous qu’on dise des Palestiniens qui se battent pour leur propre État qu’ils sont des « séparatistes » en Cisjordanie, territoire qui appartiendrait à l’État d’Israël ; seuls les partisans de l’annexionisme du gouvernement de Benjamin Netanyahu oseraient s’exprimer dans ces termes. Qui dirait du Taïwan qu’il s’agit d’une « province rebelle de la Chine », sauf le régime communiste à Beijing ? Ces exemples ne sont pas anodins et ils démontrent combien il est important de voir les événements dans leur contexte historique, même si le passé semble parfois dévolu.
La région que les arméniens appellent « Artsakh« appartenait déjà au Royaume d’Arménie avant notre ère. De surplus, ce royaume était, dès la conversion de Roi Tiridate IV sous l’inspiration de Grégoire l’Illuminateur en 301, la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État. L’Empire romain n’a suivi qu’une décennie plus tard, avec l’Édit de Milan promulgué par l’Empereur Constantin le Grand ; et le christianisme y devenue religion d’État qu’en 392, sous l’Empereur Théodose. Entretemps, la Perse sassanide avait envahi l’Arménie ainsi que la Géorgie, également déjà chrétienne.
The New York Times – 15 octobre 2020 By Garo Paylan member of the Turkish Parliament
Demonstrators in Istanbul this month showed support for Azerbaijan, which the Turkish government backs in the country’s conflict with Armenia.Credit…Emrah Gurel/Associated Press
ISTANBUL — A procession of cars filled with men waving the flag of Azerbaijan, honking and whistling drove through the Kumkapi area in Istanbul, which is home to the Armenian Patriarchate of Istanbul and many Armenian families. The car rally, on Sept. 28, was a provocation, a threat that filled my community, the tiny Armenian community — 60,000 out of 83 million — in Turkey with fear.
Les jeudi 15 octobre et samedi 17 octobre 2020, notre association AgurArménie a eu le plaisir de recevoir pour deux conférences à Biarritz, Mme Paulette Houbouyan-Coutant, Docteur en Histoire, très engagée dans la coopération scolaire entre la France et l’Arménie
Pour voir et/ou télécharger le CR des conférences cliquer sur : Compte-rendu des conférences Conférence UTL Biarritz : « Les Arméniennes de l’Empire Ottoman à l’école de la France (1840-1915) » Conférence Médiathèque : « Une éducation féminine à la « française » au tournant des XIXe et XXe siècles dans l’Empire ottoman : une passion arménienne »
L’association AgurArménie, qui rassemble au Pays basque et dans les Landes des personnes proches de l’Arménie par le cœur ou l’origine, se mobilise dans le conflit qui touche le Haut Karabagh.
Un rassemblement est organisé ce dimanche 18 octobre à 11 heures devant le monument aux morts de Biarritz en présence des parlementaires, Vincent Bru et Max Brisson. Il s’agit de demander l’aide de la France et de l’Union européenne afin que cessent les bombardements meurtriers de l’Azerbaïdjan et de la Turquie sur le Haut-Karabagh alors qu’un cessez le feu a été négocié.
Quelles sont les raisons de l’indulgence occidentale pour ce régime (…) qui a recyclé comme supplétifs de son armée les restes de Daesh et d’Al Qaïda
Un homme proteste contre le président Erdogan à l’extérieur du consulat général de l’Azerbaïdjan à Los Angeles. VALERIE MACON/AFP
Olivier Delorme est écrivain et historien, auteur de La Grèce et les Balkans du Ve siècle à nos jours (3 tomes, Folio Histoire, Gallimard) et membre du Comité de réflexion de République Souveraine.
Et il faudrait cesser d’employer le mot de séparatisme à propos du Haut-Karabagh – l’Artsakh pour les Arméniens -, peuplé à plus de 90 % d’Arméniens depuis l’Antiquité, alors que son appartenance à la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan date de 1921.
Le rattachement de cet Artsakh à l’Azerbaïdjan n’a donc de légitimité que la décision de Lénine, mise en œuvre par le commissaire aux Nationalités Staline en juillet 1921, afin de complaire au nationaliste Kémal, avec lequel l’URSS avait signé un traité.
Serge et Beate Klarsfeld, Pascal Bruckner, Elie Barnavi, Yvan Attal… De nombreuses personnalités en appellent à des mesures immédiates pour « arrêter l’offensive en cours et entraver l’action d’Erdogan dans ses velléités hégémoniques régionales ».
Stepanakert sous les bombardements le 9 octobre. (Photo by ARIS MESSINIS / AFP)
Le cauchemar recommence. Les Arméniens du Haut-Karabakh n’auraient pas le droit de vivre en paix sur leur terre ancestrale. Ils n’auraient pas le droit de voir grandir leurs enfants, comme leurs parents avant eux, dans ce « Jardin noir » où les pierres attestent de leur présence depuis l’Antiquité.
Écouter et/ou télécharger l’émission sur radio AYP FM
Au 13 eme jour de l’agression Azérie, on constate que sur le terrain le conflit n’a pas perdu de son intensité. Les forces arméniennes contiennent les offensives adverses au-delà de la ligne de contact, à l’est du Karabagh, enregistrant même plusieurs succès très significatifs. La diplomatie se met en marche et les entretiens se multiplient dans le cadre du groupe de Minsk, mais également à Moscou à l’initiative du Président Poutine. A ce stade de l’évolution de la crise on s’interroge sur les perspectives militaires et diplomatiques qui pourraient déboucher sur un cessez-le feu. Et l’émission « Cartes Sur Table » de ce samedi 10 octobre, établit un état des lieux de la situation militaire, et de son évolution sur le terrain, avec nos correspondants sur place et en Arménie. Et nous tentons une analyse politique et diplomatique portant sur l’intérêt et les objectifs des forces en présences, et notamment de la Turquie indiscutablement engagée dans le conflit aux côtés de l’Azerbaïdjan. Et enfin nous évoquons la mobilisation de la Diaspora et des soutiens dont elle bénéficie en France.
Gérard Chaliand – Géostratège, spécialiste des conflits armés Guillaume Perrier – Journaliste, spécialiste de la Turquie Laurent Wauquiez – Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes François Pupponi – Député Mourad Papazian – coprésident du CCAF Harout Mardirossian
Invités : – Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques – Agnès Levallois, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique -Consultante spécialiste du Moyen-Orient – Dorothée Schmid, chercheuse à l’Institut Français des Relations Internationales et auteure de “La Turquie en 100 questions“ – Guillaume Perrier, grand reporter, spécialiste de la Turquie, auteur de “Dans la tête de Recep Tayyip Erdogan
C dans l’air présenté par Caroline Roux, Axel de Tarlé
Le Dessous des Cartes – ARTE 7 oct 2020 Émilie Aubry s’entretient avec Tigrane Yégavian, chercheur et journaliste qui a consacré de nombreuses publications sur l’Arménie
Depuis la fin du mois de septembre, l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent dans des combats meurtriers. Drones, chars, armes anti-aériennes, bombardement de cibles civiles : le différend qui oppose les deux pays depuis de nombreuses années ressemble de plus en plus à une véritable guerre.
C’est le contentieux autour de la question du Haut-Karabagh qui a précipité le conflit. Cette zone montagneuse à majorité arménienne enclavée en plein Azerbaïdjan cristallise en effet les tensions entre les deux États.
Mais comment le Haut-Karabagh a-t-il hérité d’une situation géographique si particulière ? Pourquoi l’Arménie et l’Azerbaïdjan entretiennent des relations aussi conflictuelles ? Quel est le rôle joué par les puissances régionales turque, russe et iranienne dans les événements actuels ? Doit-on encore craindre une aggravation de la situation ?
Pour répondre à toutes ces questions, Émilie Aubry s’entretient avec Tigrane Yégavian. Chercheur et journaliste, il a consacré de nombreuses publications à cette région du monde. Il est notamment l’auteur de “Arménie : à l’ombre de la montagne sacrée” paru dans la collection “L’Âme des Peuples”. http://bit.ly/ArmenieMontagneSacree #HautKarabagh#ArmenieAzerbaidjan#ErdoganHautKarabakh
Le Cercle d’Amitié France-Artsakh soutient pleinement l’appel des présidents français, russe et américains, coprésidant le groupe de Minsk de l’OSCE, pour une « cessation immédiate des hostilités entre les forces militaires concernées ». Il s’associe à ces trois chefs d’Etat et en particulier au Président Macron pour déplorer avec eux « la perte de vies humaines » et pour exprimer sa « sympathie aux familles des victimes et des blessés » de toutes part.
« C’est une véritable tragédie humaine qui touchent tant les civils artsakhiotes que les jeunes conscrits de ce pays ainsi que ceux d’Azerbaïdjan » a déclaré Guy Teissier, président du Cercle d’Amitié France-Artsakh.
Le Cercle d’Amitié rappelle que dès le début des combats, le Président Macron, insistant sur la gravité de la situation, avait déclaré que « les frappes qui sont parties de l’Azerbaïdjan n’avaient à notre connaissance pas de justification ». Le Cercle souligne à cet égard que la responsabilité des hostilités incombe au régime de Bakou qui au mépris de la vie des Artsakhiotes comme de celles de ces propres citoyens joue son va-tout dans une guerre dont le seul dessein est sa propre survie politique.
« On ne peut se réfugier derrière des fausses symétries » a asséné Guy Teissier. « Vous avez d’un côté l’Arménie et l’Artsakh qui ont bâti des Etats de droit et qui appellent à une solution négociée au conflit et de l’autre la dictature d’Azerbaïdjan qui n’envisage comme victoire que l’éradication totale et définitive des Arméniens d’Artsakh et d’Arménie. On doit prendre parti car la justice prend parti. Ne pas prendre parti, c’est prendre parti pour l’agresseur » a-t-il poursuivi.
Le Cercle d’Amitié rappelle également les graves affirmations du Président Macron selon lequel « nous avons établi à partir de nos propres renseignements que 300 combattants ont quitté la Syrie pour rejoindre Bakou en passant par Gaziantep. Ces combattants sont connus, tracés, identifiés, et ils viennent des groupes djihadistes qui opèrent dans la région d’Alep ». Le Cercle souligne à cet égard la responsabilité de la Turquie, parrain belliqueux de l’Azerbaïdjan, qui a considérablement aggravé l’ampleur des destructions et le nombres de victimes par l’envoi de ces mercenaires djihadistes, par la fourniture de matériel militaire de haute technologie et par l’encadrement avéré des troupes azerbaïdjanaises par des officiers turcs.
Fort de ces enseignements et faisant sienne la position des 27 membres de l’Union européenne selon lesquels « il ne peut y avoir aucune solution militaire au conflit, ni aucune ingérence », le Cercle d’Amitié appelle les coprésidents du groupe de Minsk : A prononcer l’exclusion de la Turquie, facteur de déstabilisation régionale, du groupe de Minsk de l’OSCE A prendre des sanctions contre le régime Aliev, comme par exemple le gel de ses avoirs et des restrictions concernant les déplacements internationaux des hauts dignitaires du régime tant qu’il refusera de s’engager dans de réelles négociations de paix, impliquant des concessions réciproques, A s’engager dans un processus de reconnaissance de la République d’Artsakh en tant que que seule garantie constitutive du droit à la vie des populations artsakhiotes
Le Cercle d’Amitié France-Artsakh a été créé le 19 mars 2013. Il regroupe aujourd’hui une soixantaine de responsables politiques (députés, sénateurs, maires et autres élus). Le Cercle a pour objectif de soutenir l’action du Groupe de Minsk de l’OSCE (ce Groupe coprésidé par la France, les Etats-Unis et la Russie, est chargé de médiation pour trouver une solution au conflit du Karabagh), de sécuriser les peuples de la région, de rompre l’isolement international du peuple d’Artsakh et de favoriser un espace de dialogue et d’échanges entre les peuples du Caucase du Sud.
Le réveil du conflit opposant depuis 1988 l’Arménie à l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh a conduit le président turc à soutenir une fois de plus les Azéris. Ce nouveau positionnement est-il la preuve de l’expansion des ambitions territoriales de la Turquie ?
28 Minutes est le magazine d’actualité d’ARTE, présenté par Elisabeth Quin du lundi au vendredi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l’émission le samedi. Retrouvez toutes les informations sur le site : http://www.arte.tv/28minutes.
La région appelée « Haut-Karabagh », en arménien « Artsakh », est depuis la haute Antiquité partie intégrante de l’Arménie. Sa capitale, Chouchi, second centre de l’imprimerie arménienne hors de la diaspora (1828), a toujours eu une intense activité culturelle.
Claude Mutafian
L’Artsakh comptait également une minorité de « Tatares », nom de la population majoritaire en bordure de la Caspienne. Au début du xixe siècle, toute la région au nord de l’Araxe a été annexée par l’Empire russe, sous le nom global de « Transcaucasie ». La révolution bolchévique de 1917 laissa la place libre à trois peuples : d’ouest en est, les Géorgiens, les Arméniens et les Tatares. Trois républiques s’autoproclamèrent, dont la troisième, avec sa capitale Bakou, usurpa le nom « Azerbaïdjan » qui avait toujours désigné la province septentrionale de l’Iran, autour de Tabriz, au sud de l’Araxe. Encouragé par les Britanniques, qui avaient obtenu le mandat sur la région à la suite de la Grande Guerre, l’Azerbaïdjan revendiquait l’Artsakh et détruisit Chouchi en avril 1920, massacrant sa population arménienne.
Le pouvoir soviétique s’imposa bientôt en Transcaucasie, il se chargea de délimiter des frontières entre les trois républiques désormais soviétiques ; selon le classique adage ‘diviser pour régner’, il attribua en juillet 1921 le Karabagh à l’Azerbaïdjan, avec toutefois un statut de ‘Région autonome’. Malgré tous les efforts de Bakou, la population arménienne y resta majoritaire, et peu avant la chute de l’URSS, en février 1988, le parlement soviétique du Karabagh vota à une large majorité et en toute légalité le rattachement de cette ‘Région autonome’ à Erevan, ce qui enclencha un vaste mouvement populaire en Arménie. Bakou refusa cette décision et répliqua immédiatement par des pogroms qui vidèrent totalement, en 1990, la forte minorité arménienne de l’Azerbaïdjan.
En 1991, à la suite de la chute de l’URSS, l’Artsakh proclama son indépendance. Bakou lança alors une attaque militaire pour reprendre le contrôle de la région, mais l’Arménie sortit victorieuse du conflit et l’Azerbaïdjan dut accepter, en 1994, un cessez-le-feu qui laissait à son adversaire tout le Karabagh, et même des régions attenantes. Durant des décennies, les efforts du ‘Groupe de Minsk’, réunissant les puissances mondiales, échouèrent à instaurer la paix, et après plusieurs tentatives militaires sans succès, dont la dernière en avril 2016, l’Azerbaïdjan, ouvertement soutenu par la Turquie, vient de lancer une nouvelle attaque, de grande envergure en 2020.
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