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Claude Mutafian : « Il faut sortir du ghetto Arménien

Historien spécialiste de l’ère médiévale arménienne, le nom de Claude Mutafian est indissociable de celui de l’ancien royaume d’Arménie cilicienne. Présent au colloque de l’Université de Lomonossov, en coopération avec la fondation pour le développement des études arméniennes « ANIV » consacré à la diaspora arménienne et à l’histoire des relations arméno russes, il s’est intéressé aux trésors arméniens du musée de l’Hermitage

Par Tigrane Yegavian

TY: Quelle est la spécificité de la collection arménienne du musée de l’Hermitage ? D’où provient la plupart des pièces ?

CM: L’origine et les provenances sont très variables. Par exemple, il y a un évangile arménien illuminé copié à Gênes autour de 1330, qui est un don de la République Socialiste Soviétique d’Arménie à l’Hermitage.

Notons aussi deux portes en bois originaires d’un monastère arménien de Crimée sur lequel il y a des inscriptions arméniennes datant du XIVe siècle. La collection arménienne de l’Hermitage compte aussi des sceaux en particulier deux uniques au monde : le sceau du prince roubénide Toros II, qui date du XIIe siècle, et un autre inscrit en grec de l’impératrice Marie Paléologue. Elle était la sœur du roi Heithum II de Cilicie et l’épouse de l’héritier du trône de Byzance.  Ces sceaux, je les avais exposés à la Sorbonne en 1993 et l’évangile de Gênes au Vatican en 1999. Sans doute, la pièce la plus importante de la collection arménienne de l’Hermitage est le reliquaire de Skevra, en argent, où sont conservées des reliques de saints. Il date de 1292. Cela correspond à l’année de la chute de Hromkla, le siège du Catholicossat de Cilicie pris par les Mamelouks. Skevra était un des monastères les plus importants du royaume arménien de Cilicie. Au dos on peut lire une longue inscription qui est une sorte de poème – lamentation sur la chute de Skevra. Cette pièce d’orfèvrerie exceptionnelle avait été trouvée en Italie au XIXe siècle et achetée par un comte russe Basiliski. À son décès, l’Hermitage avait acheté toute sa collection dont le reliquaire. Pendant longtemps, ces objets étaient dispersés et pour la plupart non exposés dans le musée. Heureusement, depuis une dizaine d’années il existe une salle arménienne à l’Hermitage qui a regroupé les pièces arméniennes. 

TY: Comment a évolué l’arménologie en Russie tsariste puis soviétique ? Quelle est son origine ?

CM: Il faut reconnaître que sous l’URSS, l’arménologie était assez développée.  Il y avait des grands savants à commencer par l’actuel directeur de l’Hermitage Pietrovski qui a réalisé des fouilles archéologiques en Arménie. L’intérêt pour l’histoire de l’Arménie commence avec la conquête par les Russes du Caucase sud au début du XIXe siècle. Les Russes se sont trouvés directement au contact de l’architecture, des ruines arméniennes. Nicolas Mar a joué un rôle pionnier à Ani. Il y avait certes des Russes mais aussi des Arméniens vivants en Russie qui ont été très actifs. Le plus célèbre étant Karen Yuzbachian à Saint Petersburg qui avait notamment fait un travail gigantesque de traduction d’historiens arméniens vers le russe.

L’Institut Lazareff est également une preuve de l’intérêt portée à l’Arménie, la langue arménienne était enseignée au sein de cette institution qui est devenue le siège de l’ambassade d’Arménie à Moscou.

Sous le règne de Catherine II, il y eut un cas de déplacement de populations arméniennes vers les marges de l’Empire pour des raisons militaires. C’est Mgr Hovsep Akhurtian, le prélat des Arméniens de Russie de l’époque, qui lui avait conseillé de déplacer des Arméniens de Crimée et de les installer aux frontières. Deux villes furent ainsi fondées en Bessarabie : Nor Nakhitchevan et Gregoriopol, cette dernière se situe dans l’actuelle Moldavie. Cette émigration a été immortalisée encore sur un reliquaire qui s’appelle le reliquaire de Haghpart, actuellement exposé au musée d’Histoire nationale d’Arménie à Erevan.

TY : Pendant un an et demi nous avons raconté tout un pan de l’histoire des Arméniens à travers le témoignage de personnalités et d’anonymes. Quel est le regard de l’historien sur l’initiative 100 LIVES et Aurora Prize ?

CM: C’est un travail important que le vôtre. Par principe, j’ai toujours soutenu l’idée qu’il fallait sortir du ghetto arménien et s’adresser à des non-arméniens. C’est ce que j’essaie de faire constamment. Mais cela ne m’empêche pas d’accorder de l’importance aux enfants. Je fais par ailleurs souvent des conférences dans des écoles arméniennes. Il faut leur raconter des histoires, ma tâche est plus aisée grâce aux nouvelles technologies en matière d’illustration. Il est intéressant de noter au passage que dans l’histoire de la chaire d’études arméniennes des Langues’O à Paris, quasiment tous les titulaires sans exception jusqu’à la fin du XXe siècle étaient des non arméniens (Dumézil, Meyet, Macler, Feydit Mahé…).  Une très bonne chose. Au XIXe siècle un des plus grands arménologues, le français Philippe Brosset travaillait à Saint Petersburg, il fut un des plus grands arménologues de son temps avec Langlois et Dulaurier.

Voir l’article de Aurora

L’Occident a-t-il oublié l’Arménie ? Émission En toute vérité sur Sud Radio – 22 janv 2023 avec JC Buisson et T Yegavian

A revoir sur YouTube https://youtu.be/wtYfZDqVsfQ

Alexandre Devecchio reçoit Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint du Figaro Magazine et Tigrane Yegavian, géopolitologue d’origine arménienne spécialiste du Caucase dans « En toute vérité ».

« La guerre oubliée » – Revue La Vie – le 19/01/2023 par Pierre Jova

La solitude de l’Arménie face à la menace azérie

Alors que l’Azerbaïdjan orchestre depuis un mois le blocus de l’enclave du Haut-Karabakh, la communauté internationale reste passive face aux risques existentiels qui pèsent sur l’Arménie.

Figaro Week-end du dimanche 15 janvier 2023
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L’Arménie sur Radio France en 2022

Voir la sélection « Arménie » sur Radio France

Épisodes et articles (277)

L’Arménie au carrefour des empires

L’Arménie, îlot chrétien en région musulmane, est au croisement stratégique des routes commerciales, mais aussi des voies d’invasions. Conflits régionaux, diasporas, horreur d’un génocide, cette histoire mouvementée construit une forte identité.
France Culture novembre 2020

À propos de la série

L’Arménie, îlot chrétien en région musulmane, est au croisement stratégique des routes commerciales, mais aussi des voies d’invasions. Conflits régionaux, diasporas, horreur d’un génocide, cette histoire mouvementée construit une forte identité.

Provenant de l’émission

Le Cours de l’histoire, Du lundi au vendredi de 9h à 10h sur France Culture

Comprendre le génocide des Arméniens : de 1915 à 2015

En 2015 avait lieu le 100e anniversaire du génocide des Arméniens. Durant la première guerre mondiale, plus d’un million d’Arméniens ont été exterminés en raison d’une politique génocidaire instaurée et perpétrée par les autorités en place dans l’Empire…
France Culture avril 2015

À propos de la série

En 2015 avait lieu le 100e anniversaire du génocide des Arméniens. Durant la première guerre mondiale, plus d’un million d’Arméniens ont été exterminés en raison d’une politique génocidaire instaurée et perpétrée par les autorités en place dans l’Empire ottoman. Retour en quatre émissions sur ce drame considéré comme l’un des premiers génocides du XXe siècle.

Provenant de l’émission

La Fabrique de l’Histoire, du lundi au vendredi de 9h00 à 10h00 sur France Culture

L’Arménie, pays persécuté que tout le monde ou presque ignore, par Guillaume Roquette

Provenant du podcast « En toute subjectivité »
France Inter mardi 17 janvier 2023

Le sort de l’Arménie par Guillaume Roquette, le directeur de la rédaction du Figaro Magazine.

Je voudrais vous parler d’un pays partiellement occupé par son puissant voisin, au mépris de toutes les règles du droit international. Un pays agressé par l’armée d’un dictateur qui n’a jamais accepté les frontières nées de la désintégration de l’URSS. Un pays dont des bâtiments civils ont été détruits, pilonnés par des drones meurtriers. Un pays à qui on a volé des territoires, et qui se bat courageusement pour conserver les autres.

Ce pays, ce n’est pas l’Ukraine mais l’Arménie

Un petit pays de trois millions d’habitants, au sud du Caucase, dont l’Azerbaïdjan voisin veut prendre le contrôle. La guerre entre ces deux nations dure depuis deux ans dans une indifférence quasi générale, qui contraste douloureusement avec la mobilisation mondiale dont bénéficie l’Ukraine.

Comment expliquer cette différence de traitement de la part des Occidentaux ?

Il y a plusieurs raisons à ce deux poids deux mesures. D’abord l’Arménie est en Asie, plus loin des préoccupations des Français, sauf bien sûr de ceux qui sont d’origine arménienne et dont les familles sont souvent arrivées chez nous après le génocide perpétré par les turcs en 1915, qui fit plus d’un million de victimes. Mais il y a d’autres raisons, moins avouables, à cette coupable indifférence. Le pays agresseur, l’Azerbaïdjan, regorge de gaz. Et l’Europe en a besoin pour remplacer celui que nous ne voulons plus acheter aux Russes. Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a fait le voyage à Bakou pour doubler les importations de gaz en provenance d’Azerbaïdjan, qu’elle a osé qualifier de « pays fiable ».

Et puis, les Arméniens sont des chrétiens

Ils le sont même depuis 17 siècles, ce qui fait d’eux la plus ancienne nation chrétienne du monde. Autour d’eux 100 millions de musulmans, azéris, iraniens et surtout turcs, ne les portent pas dans leur cœur et c’est un euphémisme. Les pays de l’Ouest renâclent peut-être à soutenir l’Arménie de peur d’être accusés d’être des « nouveaux croisés », selon l’expression du président turc Erdogan, soutien inconditionnel de l’Azerbaïdjan.

Enfin, comble de malchance, le seul véritable allié de l’Arménie, la Russie, son protecteur historique, est aujourd’hui au banc des nations, et n’est plus en mesure de la défendre.

À réécouterLes évènements d’Arménie et la diaspora

L’Arménie, cette courageuse petite démocratie, se retrouve donc terriblement seule. Et se demande bien pourquoi les opinions publiques occidentales, bouleversées à juste titre par le drame ukrainien, sont si peu préoccupées de son sort. Nous devrions pourtant soutenir Erevan comme nous soutenons Kiev. Ou alors, c’est que nos valeurs ne sont pas si universelles que cela.

Avec les Arméniens dans le corridor interdit – reportage de Marine de Tilly – journal Le Point le 12/01/2023

REPORTAGE. L’Azerbaïdjan bloque la seule voie terrestre entre l’Arménie et son enclave du Haut-Karabakh, privant ses habitants de ressources essentielles.

De l’envoyée spéciale en Arménie du journal Le Point, Marine de Tilly
Publié le 12/01/2023 à 09h00 – Modifié le 12/01/2023 à 10h01
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Lire Le Point


C’est une bande de terre de 5 kilomètres de large et de 65 de long qui, de part et d’autre d’une route de montagne en lasso, relie Goris, dernière ville arménienne avant la frontière azerbaïdjanaise, à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh. C’est un cordon ombilical entre la « mère Arménie » et ce qu’il reste de son « jardin noir » (kara, « noir » en turc, et bakh, « jardin » en persan), ravagé par la machine de guerre turco-azérie en 2020. Chaque jour, sur cette route qui traverse les villages de Latchine (Berdzor, préféreront les Arméniens), de Sous et de Zaboukh, vont et viennent des milliers de Karabakhtsis travaillant ou se soignant en Arménie.

Depuis la fin de la guerre et l’accord tripartite de cessez-le-feu, l’Azerbaïdjan est censé « garantir la sécurité des mouvements des citoyens à travers le corridor de Latchine« …

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«L’Azerbaïdjan et la Turquie ont acheté des compagnies, des historiens, des députés européens pour servir leur propagande»

Par Elisabeth Pierson
Publié le 06/01/2023 dans Figaro International
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L’archevêque Khajag Barsamian dans son bureau au Vatican, le 5 janvier 2020. Elisabeth Pierson / Le Figaro

Alors que les Arméniens célèbrent Noël, le représentant de l’Église apostolique arménienne au Vatican dénonce le blocus de l’unique route reliant le Haut-Karabakh au monde extérieur.

L’Église apostolique arménienne fait partie des «Églises orthodoxes orientales». Au même titre que les syriaques, coptes et guèzes, elle reconnaît seulement trois conciles – quand l’Église catholique en compte 21 – mais se considère autant catholique qu’orthodoxe.

Pourquoi les Arméniens fêtent-ils Noël le 6 janvier ?

C’est la plus ancienne tradition de la chrétienté que de célébrer la nativité et le baptême du Christ le même jour. Si l’Église catholique a choisi de séparer les deux, nous avons choisi, en Arménie, de garder cette même date pour fêter les deux événements. Le 25 décembre, la plupart des Arméniens se rassemblent et échange des cadeaux. Le 6 janvier est la célébration plus religieuse où les Arméniens, même les moins pratiquants, viennent à la messe.

Quel est votre rôle au Vatican ?

Avant 2018, il n’y avait pas de représentant de l’Église apostolique arménienne à Rome. Ayant gardé de proches relations avec le Vatican depuis mon passage à l’Institut pontifical oriental, j’ai donc demandé au catholicos (chef de l’Église arménienne, NDLR) d’ouvrir une représentation auprès du Saint-Siège. Il a écrit au pape François qui a répondu positivement.

Mon rôle, en lien notamment avec le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, est d’approfondir la relation entre nos deux Églises, qui est déjà forte. Deux papes ont déjà visité l’Arménie, Jean-Paul II en 2001, et le pape François en 2016.

En Artsakh, 200.000 Arméniens sont bloqués par des pseudo-activistes azéris. Que pensez-vous du relatif silence du pape François ?

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«Il faut sauver les 120.000 Arméniens d’Artsakh !»

Par Tribune collective
Publié dans Figaro Vox le 23/12/2022
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FIGAROVOX/TRIBUNE – En cette période de Noël, plus de 200 intellectuels, écrivains, artistes et personnalités de la culture, dont Sylvain Tesson, Carole Bouquet et Philippe Katerine, se mobilisent pour les 120.000 Arméniens du Haut-Karabakh, menacés d’épuration ethnique par l’Azerbaïdjan.

En cette période de Noël où nous rejoindrons les nôtres, où nous nous réjouirons de célébrer la famille au-delà de toute frontière religieuse, où nous serons peut-être nombreux à avoir une pensée pour ceux qui sont seuls ou dans la souffrance, rappelons-nous que les Arméniens du Haut-Karabakh, sont coupés depuis près de deux semaines du reste du monde par l’Azerbaïdjan.

Haut-Karabakh: notre dossier pour comprendre la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

À l’heure où nos enfants découvriront leurs cadeaux, les parents des 30.000 enfants du Haut-Karabakh aspireront à une seule chose : préserver la vie, l’avenir des leurs dans ces hautes montagnes où leurs ancêtres sont nés il y a plus de deux mille ans, et leur éviter une lente asphyxie.

Après la guerre, après les bombes au phosphore, les tortures, qui ont brisé tant de vies en 2020, voilà en effet la dernière perversion conçue par la dictature azerbaïdjanaise : bloquer le corridor de Latchine, unique voie d’accès des Arméniens d’Artsakh/Haut-Karabakh vers l’extérieur. Conséquence : des familles séparées, des pénuries s’aggravant de jour en jour, l’absence de secours médicaux qui a déjà coûté une vie et menace plusieurs malades en soins critiques, dont des enfants.

SIGNATURES : Sylvain Tesson, écrivain, Pascal Bruckner, écrivain et philosophe, Michel Onfray, philosophe, Carole Bouquet, actrice, Claude Lelouch, cinéaste …

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Haut-Karabagh coupé du monde : «On ne voit d’aide nulle part, notre seul espoir est la prière»

Figaro International
Par Elisabeth Pierson
Publié le 27/12/2022

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Maral, 12 ans, a déposé un dessin devant l’ONU à Erevan, pour dénoncer le blocus.

TÉMOIGNAGES – Depuis le 12 décembre, des «activistes» azéris bloquent la seule route qui relie l’Artsakh au reste du monde. Tandis que les réserves s’épuisent, les Arméniens enclavés se sentent abandonnés de tous.

«Merci, merci de prendre ce temps le week-end de Noël pour nous écouter !». Au bout du téléphone, la voix de Shant tremble d’émotion. Ce trentenaire vit à Martouni, un village à 45 minutes de Stepanakert, la capitale de la République du Haut-Karabagh. Le jeune Arménien est inquiet. Voilà 15 jours que l’enclave arménienne située en Azerbaïdjan est isolée du monde par une centaine d’«éco-activistes» azéris – ainsi se présentent-ils – qui bloquent le corridor de Latchine.

Aucune voiture ni aucun camion ne circulent depuis le 12 décembre sur cet axe vital où passent en temps normal près de 90% des approvisionnements du territoire. «On ne trouve plus aucun fruit ni légume. Les produits frais ont disparu, raconte Shant. Hier, je suis entrée dans une supérette : il restait 8 oignons et quelques ails, c’est tout. Les pâtes sont presque finies».

À lire aussi «Il faut sauver les 120.000 Arméniens d’Artsakh !»

L’humanitaire, qui travaille pour une ONG locale, devait aller à Erevan acheter des cadeaux de Noël à près de 4000 enfants âgés de 5 à 10 ans : «Chaque année, nous récoltons des fonds pour réconforter ces enfants qui ont vu les bombes, la guerre. Ils ont tant besoin de sourire. Non seulement je ne peux plus passer le corridor, mais ma voiture ne démarre même plus car je n’ai plus d’essence».

Trouver des couches pour son bébé de quatre mois a été une aventure. «La première pharmacie n’en avait pas, la deuxième non plus. À la troisième, il restait un paquet». Alors le père de famille a pris le strict nécessaire, de quoi subsister une semaine, et laissé le reste pour le suivant : «On tient comme ça ici».

Quid d’un pont aérien ? L’aéroport de Stepanakert, pourtant flambant neuf, est hors d’usage, car l’Azerbaïdjan a menacé d’abattre tout avion qui décollerait ou atterrirait. Résultat, zéro des 400 tonnes de nourriture acheminées chaque jour n’est parvenu en Artsakh depuis 15 jours. Même l’argent liquide commence à manquer. Les autorités ont encouragé les habitants à faire leurs paiements par transactions bancaires.

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Reportage « L’Arménie au bord de la guerre » réalisé par Virginie Pironon sur France Culture avec Gaïdz Minassian

avec la participation de Gaïdz Minassian
Journaliste au Monde
Chercheur et enseignant à Sciences Po – Paris
Émission diffusée le Vendredi 16 décembre 2022 à 23h
Écouter le Replay (58 min)

C’est un conflit passé au second plan depuis le début de la guerre en Ukraine. Deux ans après la guerre remportée par l’Azerbaïdjan, l’Arménie lutte désormais pour le maintien de ses frontières. De violents combats ont eu lieu entre les deux pays, faisant près de 300 morts des deux côtés.

Le ton est monté cette semaine au Parlement arménien. Il a voté une résolution accusant Bakou de couper le Haut Karabakh du reste du monde. « Les conséquences humanitaires sont graves » pour les habitants de l’enclave, affirment les parlementaires arméniens, pour qui les agissements de l’Azerbaïdjan « font reculer le processus de paix« .

A Bakou, ces réactions outrées font sourire. Le corridor de Latchine coupé ? Ce serait uniquement le fait de militants écologistes protestant contre un projet arménien d’exploitation minière désastreux pour l’environnement. « La circulation civile est libre dans les deux sens » affirme le porte-parole de la diplomatie azerbaïdjanaise, et l’approvisionnement en gaz du Haut-Karabakh a été rétabli. Mais cet incident n’est que le dernier d’une longue série.

Le cessez-le-feu signé en 2020 est régulièrement violé. Et plus préoccupant encore, un cap a été franchi les 13 et 14 septembre dernier, quand la guerre s’est déplacée sur le territoire souverain de la république d’Arménie.

Bilan : au moins 286 morts dans ces affrontements à la frontière, et l’Arménie qui espérait une protection russe en a été pour ses frais : Moscou semble vouloir ménager l’Azerbaïdjan, et a d’ailleurs signé un accord avec Bakou pour contourner les sanctions occidentales.

Dans ce contexte favorable à l’Azerbaïdjan, toujours soutenu par la Turquie, l’Arménie se sent isolée, abandonnée… mais elle n’est pas pour autant prête à céder.

Notre invité Gaïdz MINASSIAN, journaliste au Monde, chercheur et enseignant à Sciences Po Paris.

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Les guerres en Ukraine et Arménie – L’art des chrétiens d’Orient

Émission – du 11 décembre 2022, 9h30, France 2 – présentée par Thomas Wallut et réalisée par Fred Nony.
Disponible sur France TV jusqu’au 10/01/23

ou bien en vidéo ici

La guerre en Arménie : la peur de la continuité du Génocide de 1915 est toujours présente, surtout après l’invasion à l’est du pays de l’armée azérie. Comment évolue la situation en Arshak libre et occupé ? Quel est le moral des arméniens d’Arménie, quel réconfort par l’Église ?

La guerre en Ukraine : les peuples ukrainien et russe forment-ils une même nation ? Pourquoi une telle volonté des ukrainiens de sortir du joug russe/soviétique ? Comment comprendre le drame actuel à la lumière de la Foi ?

– Installation de Mgr Elie Wardé comme évêque Syriaque Catholique au Caire.

– Contempler l’art des chrétiens d’Orient avec Raphaëlle Ziadé qui vient de publier un magnifique panorama de l’Art liturgique oriental. Un très bel ouvrage chez Citadelles et Mazenod.

– Et des idées de lectures à offrir à Noël.

Avec la participation de : 

Mgr Hlib, évêque Gréco-Catholique Ukrainien, Didier Rance, « Catholiques d’Ukraine » Ed Artège.

Mgr Krikor Khachatryan (primat du diocèse de France de l’Église Arménienne Apostolique)

Tigrane Yégavian « Géopolitique de l’Arménie » Ed Bibliomonde et « Haut-Karabakh : Le livre noir » Ed ellipses.

Raphaëlle Ziadé « L’Art des Chrétiens D’orient » Ed Citadelles & Mazenod.

« Jérusalem et les Arméniens » – Claude Mutafian 2022

Édition Les Belles Lettres
parution : 16/09/2022
518 pages, 940 illustrations couleurs, Index, Bibliographie

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PRÉSENTATION

Dans la division en quatre de la vieille ville de Jérusalem, le quartier chrétien et le quartier arménien sont contigus mais indépendants. Cette situation a priori paradoxale correspond bien à l’ancienneté et à l’importance de la présence arménienne. Jérusalem est en effet restée un mythe pour les Arméniens dès le IVe siècle, quand le christianisme a été proclamé religion nationale. Les relations des Arméniens avec la Ville sainte n’ont jamais cessé, pour culminer à l’époque des croisades qui donnèrent l’occasion de fonder en Cilicie, à la fin du XIe siècle, un État arménien frontalier de la Syrie franque, converti en royaume un siècle plus tard. Jérusalem abritait alors le siège d’un Patriarcat arménien et l’activité culturelle y était particulièrement intense. En témoignent la quantité et la qualité des inscriptions, des sculptures, des mosaïques, des pièces d’orfèvrerie, ou encore des manuscrits superbement calligraphiés, ornés de miniatures qui comptent parmi les chefs-d’œuvre de l’art arménien. Sous la domination des Mamelouks, la culture arménienne continua à fleurir à Jérusalem, comme on peut le voir dans les nombreux récits des voyageurs européens qui n’omettaient jamais une section consacrée aux Arméniens.

À l’heure actuelle, Jérusalem est le plus important conservatoire de la culture arménienne hors d’Arménie. Présentant les relations arméno-hiérosolymitaines dans leur contexte historique et artistique, ce livre en est un reflet. L’abondance des cartes et des tableaux généalogiques en facilite la lecture. L’iconographie y joue un rôle fondamental, le texte étant essentiellement traité en légende des images, qu’il s’agisse de reproductions de miniatures, de monuments et d’œuvres d’art, ou encore de pages manuscrites d’historiens et de voyageurs.

PRESSE

« La Jérusalem des Arméniens » : Entretien avec Claude Mutafian
Nouvelles d’Arménie Magazine – 01/09/2022

Le lecteur a à sa disposition un grand nombre de scènes et de portraits sous forme de miniatures, de fresques ou de tableaux ; les monuments sont représentés par des photographies et des gravues anciennes. Enfin, la numismatique et la sigillographie sont abondamment exploitées. 
Nor Haratch – 01/09/2022

BIOGRAPHIES CONTRIBUTEURS

Professeur agrégé de mathématiques, Claude Mutafian a enseigné à l’Université Paris XIII et a publié une série de manuels d’algèbre avant de se consacrer, depuis 1980, à l’étude du Proche-Orient. Titulaire d’une Habilitation à diriger des recherches, il a organisé plusieurs expositions internationales, à commencer par « Le royaume arménien de Cilicie » à la Chapelle de la Sorbonne en 1993. Il est l’auteur de nombreux livres et articles, en particulier sur l’histoire et la culture arméniennes. Aux Belles Lettres ont été publiés L’Arménie du Levant (2012), La Saga des Arméniens de l’Ararat aux Carpates (2018) et Jérusalem et les Arméniens jusqu’à la conquête ottomane (1516) (2022). 

Voici une remarquable émission de France Culture avec Tigrane Yégavian

Le destin de l’Arménie se joue à ses frontières. Il ne s’agit plus seulement de la défense de son patrimoine millénaire au Haut-Karabagh, mais de la destruction d’un pays et d’une culture.

Voici une remarquable émission de France Culture avec Tigrane Yégavian.
Dimanche 23 octobre 2022

    Tigrane Yégavian Diplômé de Sciences Po Paris et des Langues’O, journaliste et arabisant
    Bibliographie
    Podcasts dans la revue de géopolitique « Conflits »

    Le destin de l’Arménie, sa foi, son architecture ancienne, la beauté de sa liturgie et de ses chants, sa force mais aussi ses faiblesses, touchent profondément ceux qui s’intéressent à l’histoire des peuples.

    Dans un contexte d’abandon, de peur et de lâchetés, il est navrant de constater qu’après les meurtres et pillages de Daesh, il faille toujours se justifier pour évoquer l’innommable, ce qui ressemble à une éradication culturelle que l’on refuse de voir car teinté de « religiosité », le mot qui fait peur, le mot qui renverse les certitudes.

    Nos invités proposent une cure d’humanisme et de savoir, un renversement des tendances contre la propagande et l’ignorance.

    Serge Avédikian
    Tigrane Yegavian
    Thadée 2017

    Pour la première fois, deux citoyens français d’origine arménienne appartenant à deux générations, dialoguent à bâtons rompus de sujets d’intérêts communs, notamment : le processus d’intégration, le communautarisme, le rapport diaspora-République d’Arménie, le dialogue arméno turc, le rapport aux juifs au destin si parallèle.

    « Une histoire du génocide des Arméniens » – Docu-BD de Djian Aprikian Park

    Vient de sortir en librairie un ouvrage en BD.
    Il s’agit d’une « Docu-BD » vraiment bien faite sur le génocide des Arméniens, mais aussi, au fil du livre, un résumé clair, des pages documentaires synthétiques illustrées de photographies d’archives sur l’Histoire de l’Arménie, faciles à lire.

    Un Docu-BD pour comprendre facilement la complexe histoire du génocide des Arméniens tout en suivant le destin de Mikael, jeune adolescent arménien, qui devra se cacher pendant quatre longues années  pour tenter d’échapper à la déportation et retrouver sa famille.

    En présentant le quotidien d’une famille arménienne brisée par les déportations, la bande dessinée nous plonge avec émotion dans l’une des plus grandes tragédies du XXsiècle. Les pages documentaires, illustrées de photographies d’archives donnent à voir l’ampleur du massacre orchestré par les autorités ottomanes. Un album essentiel pour tout comprendre et entretenir la mémoire.

    Un livre que vous pouvez offrir à des amis, à des jeunes ado pour leur faire comprendre de façon simple l’histoire de l’Arménie et cette première tragédie du XXe siècle

    Voici un lien pour vous faire une idée,
    Une histoire du génocide des Arméniens – Éditions Petit à Petit (petitapetit.fr). (Djian, Aprikian, Park). 19,90€

    Les publications de Gaidz Minassian

    Gaïdz Minassian est politologue, spécialiste de l’Arménie.

    Il a soutenu sa thèse de doctorat en sciences politiques, intitulée « La Fédération Révolutionnaire Arménienne, éthique et politique, 1959-1998 », en 2000 à l’université Paris X Nanterre.

    Les publications
    dans la revue « Le Monde »
    https://www.lemonde.fr/signataires/gaidz-minassian/

    Carte de son dernier article

    Les podcast et actualités dans « RadioFrance »
    https://www.radiofrance.fr/personnes/gaidz-minassian

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    Bases juridiques de l’autodétermination du Haut-Karabagh

    Vidéo publiée par Master Media Production en 2020
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    Jean-Christophe Buisson et Sylvain Tesson Parrains du Phonéthon 2022

    L’Union européenne va envoyer une mission en Arménie pour aider à la délimitation des frontières avec l’Azerbaïdjan

    Par La Provence (avec AFP) – Vendredi 07/10/2022 à 07H30
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    Poste de contrôle entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, près du village arménien de Sotk, le 18 juin 2021 – Photo – AFP – KAREN MINASYAN

    L’Union européenne va envoyer une « mission civile » en Arménie, le long de l’Azerbaïdjan, pour aider à la délimitation des frontières et relancer le processus de normalisation naissant entre les deux pays, mis à mal par des affrontements sanglants en septembre.

    « La mission débutera en octobre pour une durée maximale de deux mois. L’objectif de cette mission est d’établir la confiance et, par ses rapports, de contribuer aux commissions de délimitation des frontières », ont annoncé le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, le chef d’Etat français Emmanuel Macron et le président du Conseil européen Charles Michel à l’issue de plusieurs heures de discussions à Prague.

    « L’Arménie a accepté de faciliter la mise en place de (cette) mission » et « l’Azerbaïdjan a accepté de coopérer avec cette mission pour ce qui le concerne », soulignent les parties prenantes dans une déclaration conjointe.

    Les quatre dirigeants se sont réunis jusque tard dans la nuit de jeudi à vendredi, en marge du premier sommet de la Communauté politique européenne.

    « Pour une paix durable dans le Caucase », a tweeté le président Macron, l’air absorbé et tendu, photo des quatre responsables à l’appui, réunis autour d’une table dans un clair-obscur saisissant.

    « L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont confirmé leur attachement à la Charte des Nations unies et à la déclaration d’Alma Ata de 1991, par laquelle ils reconnaissent mutuellement leur intégrité territoriale et leur souveraineté », souligne la déclaration commune.

    Jeudi 13 octobre 2022 à 16h15 – Conférence de Paulette Houbouyan Coutant – Université du Temps Libre de Biarritz – De l’Arménie Historique à celle d’Aujourd’hui

    « De l’Arménie historique à celle d’aujourd’hui »
    Conférence présentée par Mme Paulette HOUBOUYAN-COUTANT
    Docteur en Histoire, Professeur Honoraire en Sciences humaines

    Riche d’une civilisation ancienne de plus de 3000 ans, la Nation arménienne a su préserver les savoirs anciens, forgeant son identité autour de sa langue et de sa religion, dans son terroir ancestral, situé majoritairement dans l’Empire ottoman. Le génocide de 1915 a anéanti la presque totalité des Arméniens ottomans, mais épargné ceux du Caucase, devenus indépendants en 1991 après l’éclatement de l’URSS. Des liens culturels très forts entre la France et l’Arménie, tissés au fil des siècles, ont trouvé leur couronnement lors du Sommet de la Francophonie, en 2018, à Erevan, capitale de l’Arménie d’aujourd’hui qui ne représente que 10% de l’Arménie historique…

    Paulette Houbouyan-Coutant était venue à Biarritz en 2020 présenter la conférence passionnante sur « Les Arméniennes de l’Empire ottoman à l’école de la France « .

    La Communauté politique européenne expliquée en cartes

    Quarante-quatre pays se sont réunis pour la première fois à Prague, jeudi 6 octobre, pour lancer le projet d’un cercle européen élargi.
    Par Francesca Fattori et Victor Simonnet
    Journal Le Monde du 06/10/2022 à 17h45

    L’ensemble des Etats de l’Europe géographique, de l’Atlantique à l’Oural et de la mer du Nord à la Méditerranée et au Caucase, se sont réunis à Prague pour le premier sommet de la Communauté politique européenne (CPE). Soit quarante-trois chefs d’Etat et de gouvernement, auxquels s’ajoutera, en visioconférence, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

    Seuls absents, la Russie, Etat paria depuis l’invasion de l’Ukraine, le 24 février, et la Biélorussie, son alliée.

    Il aura fallu le conflit ukrainien, la première guerre d’agression opposant deux Etats souverains sur le Vieux-Continent depuis la seconde guerre mondiale, pour qu’autant de pays européens se retrouvent réunis autour de la même table.

    Lire aussi la tribune : « Un projet de “communauté politique européenne” a déjà existé et son histoire est aussi celle d’un échec »

    C’est le président de la République française, Emmanuel Macron, qui a, le premier, évoqué ce projet le 9 mai à Strasbourg, avant de le présenter officiellement au Conseil européen du 23 juin. Son idée : proposer aux Etats aux marges du continent et de l’UE, parmi lesquels plusieurs se sentent menacés par l’expansionnisme russe, une sorte d’« antichambre » aux instances européennes, une structure politique plus souple qui, sans se substituer à une éventuelle future adhésion, associe pleinement ces Etats à la famille européenne dans le domaine de la coopération économique, pour le préparer à intégrer pleinement l’Union.

    Si cette rencontre peut ainsi laisser entrevoir l’architecture future d’une grande Union européenne qui épouserait enfin les limites géographiques du continent, l’exercice est diplomatiquement périlleux, tant cet ensemble élargi rassemble des Etats aux relations géopolitiques parfois très conflictuelles.

    C’est le cas, par exemple, de la Grèce et de Chypre d’un côté, opposés à la Turquie au sujet du contentieux frontalier en Méditerranée orientale et de la République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par Istanbul. Ou encore l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, deux pays qui, après s’être affrontés en 2022 au sujet de l’enclave séparatiste du Haut-Karabakh, s’accusent l’un l’autre d’incursions territoriales. Autre sujet géopolitiquement sensible, celui qui oppose la Serbie à plusieurs pays balkaniques : d’une part, après la guerre de 1998, Belgrade refuse toujours de reconnaître l’indépendance du Kosovo ; de l’autre, il soutient à bas bruit les forces séparatistes de la République serbe de Bosnie, une entité fédérale gouvernée par Sarajevo.

    La présence, dans la CPE, du Royaume-Uni, premier Etat à avoir volontairement quitté l’Union en 2020, est également très scrutée : certains observateurs espèrent voir Londres réintégrer le giron européen alors que les négociations avec Bruxelles sur les conséquences du Brexit restent très conflictuelles.

    Francesca Fattori et Victor Simonnet

    Samedi 4 juin conférence « Arménie, 3000 ans d’histoire et d’art » par le spécialiste du sujet Patrick DONABEDIAN

    Samedi 4 juin 2022
    à 15h30
    Médiathèque de Biarritz
    entrée libre
    « Arménie, 3000 ans d’histoire et d’art »

    Conférence par Patrick DONABEDIAN,  (Université Aix-Marseille , LA3M, CNRS), spécialiste de l’art médiéval du Caucase Sud.

    Commémoration du 24 avril 2022 à Biarritz

    Député Vincent Bru, Président Clément Parakian, Sénateur Max Brisson
    autour de la « Stèle de la mémoire future »

    Diaporama

    Maider Arostaguy, Maire de Biarritz
    Clément Parakian, Président de AgurArménie

    Allocution du Président de AgurArménie

    Le drapeau de l’association AgurArménie porté par Jacques Zenguignan